Les bourses mondiales reculent mardi, digérant des données économiques contrastées des deux côtés de l’Atlantique, tout en gardant un oeil sur les pourparlers de paix en Ukraine qui font chuter les prix du pétrole.
En Europe, Paris a perdu 0,23%, Francfort 0,63%, Londres 0,68% et Milan de 0,29%.
A Wall Street, vers 16h50 GMT, le Dow Jones reculait de 0,47%, l’indice Nasdaq de 0,13% et l’indice élargi S&P 500 cédait 0,41%.
Aux Etats-Unis, c’est le très attendu rapport sur l’emploi qui a été décortiqué par les investisseurs.
Le taux de chômage est remonté à 4,6% en novembre, décevant les analystes, qui s’attendaient à 4,5%, selon le consensus de MarketWatch. Les créations d’emplois ont par ailleurs ralenti, à 64’000 postes en novembre, un peu mieux que les 45’000 prévus.
Ces chiffres n’ont pas permis de tirer des conclusions claires: «le chômage est certes au plus haut depuis 2021», mais le rapport n’était pas aussi mauvais que certains le craignaient», résume Fawad Razaqzada, analyste de marchés pour Forex.com.
L’évolution de l’emploi est une donnée particulièrement scrutée par les investisseurs pour anticiper la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed). Plus l’emploi ralentit, plus la Fed serait encline à abaisser ses taux l’an prochain pour soutenir l’activité économique, ce qui est positif pour les marchés d’actions.
Le rendement de l’emprunt américain à échéance deux ans, le plus sensible à la politique monétaire, n’enregistrait que peu de mouvement, atteignant 3,48%, contre 3,50% la veille en clôture. A échéance dix ans, il était à 4,15%, contre 4,17% lundi.
Le dollar restait stable face à la monnaie unique européenne (-0,09%), à 1,1765 dollar pour un euro vers 17h50 GMT.
Côté européen, le baromètre PMI de la croissance de l’activité économique du secteur privé dans la zone euro s’est replié à 51,9 points en décembre contre 52,8 points en novembre.
Ces chiffres «sont inférieurs aux attentes, en raison d’un affaiblissement de l’indice des services et d’une contraction accrue de la composante manufacturière», relève Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO.
Les discussions sur l’Ukraine font chuter pétrole et défense
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de «progrès» dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Les Européens ont avancé l’idée d’une force multinationale pour garantir la paix en Ukraine.
«Nous sommes plus proches aujourd’hui que nous n’avons jamais été» d’un accord, a pour sa part estimé Donald Trump.
Résultat: les cours du pétrole reculent. Vers 16H50 GMT, le WTI américain perdait 2,46% à 55,42 dollars, après avoir reculé sous le seuil des 55 dollars, à un niveau inédit depuis février 2021. Le baril Brent de la mer du Nord perdait aussi 2,46% à 59,07 dollars, glissant sous la barre des 60 dollars pour la première fois depuis mai.
Un «cessez-le-feu en Ukraine pourrait assouplir les restrictions pesant sur le brut russe, dans un marché mondial déjà largement excédentaire», explique Soojin Kim, analyste de MUFG. Tout éventuel assouplissement des sanctions contre la Russie pourrait ramener des barils dans un marché avec «une surabondance persistante de l’offre», ajoute-t-il.
Les titres des entreprises européennes de la défense cèdent également du terrain, en raison de l’avancée de ces discussions.
A Francfort, Hensoldt a perdu 3,81% et Rheinmetall 4,77%. A Milan, Leonardo a cédé 3,90%. A Paris Thales a reculé de 1,64% et Dassault Aviation de 1,32%. A Londres, BAE Systems lâchait 1,89%.
Pfizer sanctionné
Côté entreprises, le groupe pharmaceutique américain Pfizer (-4,98% à 25,11 dollars) souffre en raison de ses prévisions pour 2026, son chiffre d’affaires devant être amputé par le reflux du Covid-19 et des pertes d’exclusivité sur certains traitements.