Les bourses mondiales ont progressé vendredi après l’annonce de chiffres de l’emploi américain moins bons que prévu, des données qui, ajoutées à la baisse des prix du pétrole, dissipent les risques d’inflation.
Le marché de l’emploi aux Etats-Unis a perdu 23’000 emplois en juillet, alors que les marchés attendaient la création de 83’000 emplois.
«Cette baisse inattendue, combinée à la forte révision à la baisse du chiffre de juin - ramené à seulement 20’000 créations d’emplois - suggère que le marché du travail américain se détériore plus rapidement que ne l’avaient anticipé les analystes», explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB.
Le taux de chômage a quant lui reculé à 4,1% le mois dernier.
Ces chiffres étaient très attendus par les marchés: ils sont un indicateur des risques d’inflation par les salaires, et donc d’un possible relèvement ou maintien des taux par la Réserve fédérale (Fed) lors de sa prochaine réunion en septembre.
«Les Etats-Unis connaissent actuellement un environnement marqué par de faibles embauches et de faibles licenciements», relève Mme Brooks. «Les recrutements ont nettement ralenti au cours de l’année 2026, ce qui affaiblit les arguments en faveur d’une hausse des taux à court terme» de la Fed.
Tiraillée entre ses deux missions - viser le plein emploi et modérer la hausse des prix - la Fed devrait ainsi opter pour un nouveau maintien de ses taux au même niveau en septembre, selon les prédictions du marché.
«La probabilité d’une hausse des taux en septembre est tombée à environ 44%, contre un peu plus de 55% avant la publication des données», précise Fawad Razaqzada de Forex.com.
Nouveaux records à Paris, Francfort et Milan
Les dernières données sur l’emploi américain ont donné de l’élan aux places boursières.
Vers 16H00 GMT, à New York, le Dow Jones prenait 0,17%, l’indice Nasdaq +1,24% et le S&P 500 +0,60%.
En Europe, trois bourses ont de nouveau battu un record en séance et à la clôture.
Paris a terminé en hausse de 0,17% à 8714,93 points, Francfort de 0,69% à 26’319,45 points et Milan de 0,06% à 53’717,19 points. Londres a gagné 0,31% à 10’901,09 points et Zurich 0,18% à 14’544,90 points.
En séance, Paris avait décroché un nouveau record à 8755,03 points, Francfort à 26’445,18 points et Milan à 54’041,80 points.
Le DAX de Francfort a été porté par deux poids lourds en matière de capitalisation boursière: le géant des logiciels SAP (+4,08%) et l’industriel Siemens (+2,45%)
A Paris, STMicroelectronics (+3,16%) a pris la tête du CAC 40, signe d’un redressement du secteur de la tech liée à l’intelligence artificielle.
Le pétrole recommence à baisser
Outre le chiffre de l’emploi aux Etats-Unis, les niveaux de prix du brut plus bas dissipent aussi les risques d’inflation.
Les cours du pétrole restent cependant indécis vendredi car après avoir chuté en début de semaine avec l’espoir d’un accord rapide entre Téhéran et Washington pour rouvrir le détroit d’Ormuz, le marché se montre désormais moins optimiste.
Le président américain Donald Trump a de nouveau promis jeudi que le détroit d’Ormuz, artère maritime cruciale verrouillée par Téhéran depuis le début de la guerre contre l’Iran, pourrait rouvrir «bientôt». L’Iran poserait cependant des conditions à un accord de paix.
Vers 16H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence du brut en Europe, prenait 1,30% à 83,50 dollars, et le WTI américain s’échangeait à 78,24 dollars (+1,23%).
Le prix du brut s’échange ainsi toujours autour du seuil symbolique des 80 dollars, se rapprochant de ses niveaux d’avant le début de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, fin février, et bien loin des 126 dollars atteints au plus fort de la crise au Moyen-Orient.
Détente sur les taux
Les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis ont immédiatement provoqué une détente sur les taux d’emprunt des États et des entreprises, qui anticipent les risques d’inflation.
«Dans les minutes qui ont suivi l’annonce, le rendement du Treasury (bons du Trésor américains) à 10 ans a reculé d’environ 5 points de base, presque exclusivement sous l’effet de la détente des taux réels», note Florian Ielpo pour la banque privée suisse Lombard Odier.
Vers 16H00 GMT, le «dix ans» américain affichait un rendement de 4,64% contre 4,68% la veille.
Le mouvement était moindre en Europe, où le «Bund» à dix ans affichait un rendement de 3,12% contre presque 3,14% la veille (3,90% pour son équivalent français contre 3,93% la veille).