Les bourses européennes ont poursuivi leur rebond mercredi, davantage sensibles à la baisse du pétrole qu’au rejet par Téhéran du plan de paix transmis par Donald Trump via le Pakistan.
Les quatre grands indices européens ont terminé la journée en nette hausse, sans compenser les pertes enregistrées depuis le début de la guerre fin février: à Paris, l’indice CAC 40 a progressé de 1,33%. Francfort a gagné 1,41%, Londres 1,42% et Milan 1,48%.
A New York, les trois principaux indices de référence de Wall Street naviguaient également dans le vert vers 17H00 GMT: Nasdaq (+0,90%), S&P 500 (+0,64%) et Dow Jones (+0,71%).
«C’est la troisième séance positive de pause, de stabilisation et de retournement, directement inspirés par la tentative d’apaisement lancé par Trump», décrypte Guillaume Chaloin, directeur des gestions d’actions chez Delubac AM.
Les opérateurs boursiers ont particulièrement bien accueilli la baisse du prix du pétrole, dont la flambée provoquée par le conflit au Moyen-Orient a répandu la peur mondiale d’une spirale négative: inflation, resserrement monétaire, baisse de l’activité...
A la clôture des Bourses européennes vers 16H30 GMT, le prix du Brent, référence sur le marché du brut, a cependant ralenti sa baisse, repassant la barre des 100 dollars (101,02, -3,32%).
Son homologue américain du WTI flirtait avec les 90 dollars le baril, en recul de 2,38% par rapport au cours de la veille.
Tout au long de la journée, les marchés ont été à l’écoute d’informations qui leur font prendre depuis une semaine des directions contradictoires, tantôt à la baisse, tantôt en correction.
Téhéran a refusé, selon un média d’Etat, le plan de l’administration américaine en 15 points destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, un document que lui avait transmis le médiateur pakistanais.
«Le scepticisme persiste quant aux efforts de paix», estime Andreas Lipkow pour CMC Markets, selon qui la situation au Moyen-Orient «demeure incertaine et alimentée par de nombreuses rumeurs et spéculations».
L’Iran a par ailleurs affirmé que les «navires non hostiles» pouvaient désormais «bénéficier d’un passage sûr par le détroit d’Ormuz en coordination avec les autorités compétentes», selon l’Organisation maritime internationale (OMI).
«Il s’agit d’un développement majeur pour le marché pétrolier, ouvrant la voie à une reprise des flux de pétrole à l’échelle mondiale», a estimé Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Accalmie sur les taux d’intérêt des emprunts d’Etats
La vague de soulagement est également visible sur le marché de la dette souveraine des Etats, avec un fléchissement des rendements mercredi.
Le rendement de l’emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, s’établissait à 2,95% à 17H00 GMT, contre 3,03% la veille à la clôture. Il évoluait toutefois autour de 2,64% avant le début de la guerre au Moyen-Orient.
Son équivalent français affichait un rendement à 3,65% contre 3,76% mardi en clôture. Hors UE, le britannique s’affichait à 4,83% contre 4,96% mardi soir.
Aux Etats-Unis, le rendement des bons du Trésor à 10 ans affichait 4,31% contre 4,36% la veille.
«Le sentiment des investisseurs s’améliore prudemment grâce à l’espoir, mais les fondamentaux (les bases économiques réelles, NDLR) ont été affectés après près d’un mois de combats au Moyen-Orient et de perturbations autour du détroit stratégique d’Ormuz», a souligné Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.
«Le contexte macroéconomique s’est détérioré au cours du mois écoulé», avec des prix de l’énergie plus élevés, «les coûts d’exploitation augmentent, et les marges sont susceptibles d’être sous pression», a-t-elle expliqué.
En conséquence, «les anticipations concernant la Réserve fédérale américaine (Fed) et les autres grandes banques centrales ont évolué dans un sens plus restrictif, les marchés remettant de plus en plus en question la capacité de la Fed à procéder à des baisses de taux cette année», a noté cette analyste.