Le SMI chute sous les 9700 points

AWP

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L'indice clôture en baisse de 1,61%. Inquiets pour la croissance chinoise et allemande, les investisseurs se réfugient sur les valeurs sûres comme le franc et les emprunts.

La Bourse suisse, qui avait hésité sur la direction à prendre jusqu’en fin de matinée, a fortement reculé par la suite et le SMI est repassé sous la barre des 9700 points, avec un plus bas juste sous 9600.

Les marchés ont été plombés par des données conjoncturelles chinoises et allemandes décevantes et l’effet positif des signes de détente sur le front de la guerre commerciale sino-américaine de la veille a fait long feu.

Cet effet a fait d’autant plus long feu que le report des taxes sur des produits chinois à mi-décembre au lieu de mi-septembre n’a été décidé que pour épargner des hausses de prix aux consommateurs américains avant les fêtes de fin d’année plutôt qu’en raison de progrès dans les négociations avec les Chinois. «Personne ne veut prendre le risque de perturber la saison des fêtes», a dit le secrétaire au commerce Wilbur Ross.

La nervosité des investisseurs a aussi eu des conséquences pour les valeurs sûres comme le franc, qui a même baissé un moment sous 1,0840 à 1,0839 franc pour un euro. A la clôture de la Bourse suisse, il valait 1,0844 pour 1 euro et 0,9732 pour un dollar.

A New York, Wall Street reculait nettement aussi en matinée. Les investisseurs s’inquiétaient notamment de la brève inversion de la courbe des taux des bons du Trésor américain, le taux du dix ans étant passé sous celui du deux ans. Particulièrement redouté, ce phénomène est généralement l’indicateur avancé d’une récession, ont expliqué des experts.

Le SMI a terminé en recul de 1,61% à 9628,28 points, avec un plus bas à 9599,62 points et un plus haut à 9806,50 points. Le SLI a cédé 2,01% à 1455,19 points et le SPI 1,52% à 11’713,85 points. Les 30 valeurs vedettes ont terminé dans le rouge.

Le bon de participation Schindler (-7,2%) est resté solidement accroché à la lanterne rouge durant toute la séance, suivi par AMS (-6,5%) et UBS (3,7% à 9,94 francs).

Les autres bancaires Julius Baer (-3,6%) et Credit Suisse (-3,5%) ont fait «à peine moins pire» que la banque aux trois clés, dont l’action a chuté pour la première fois depuis sept ans sous les 10 francs.

Schindler a été sanctionné après avoir publié des chiffres semestriels inférieurs aux attentes. Le résultat opérationnel notamment a pâti de la hausse des coûts des matières premières. Dans la foulée, la Banque cantonale de Zurich (ZKB) a renoncé à sa recommandation d’achat du titre et invite désormais à «pondérer au marché». «Nous voulons continuer à croître plus fortement que le marché dans son ensemble», a indiqué le directeur général Thomas Oetterli, lors d’une conférence téléphonique. Cela n’a apparemment pas convaincu les investisseurs.

Liberum a réduit la recommandation pour AMS à «hold» de «buy» et fortement réduit l’objectif de cours. L’analyste reste prudent face à la reprise du projet d’acquisition de l’allemand Osram par AMS. Ce rachat controversé devrait permettre au groupe autrichien de se diversifier vers l’industrie automobile et ne plus dépendre uniquement du marché des smartphones, très volatil, mais, le cas échéant, l’intégration d’Osram pourrait se révéler difficile.

Les valeurs du luxe Swatch (-3,7%) et Richemont (-3,3%) ont souffert de la morosité conjoncturelle chinoise. Kepler Cheuvreux a raboté son objectif de cours pour les deux valeurs, mais confirmé sa recommandation d’achat.

Le poids lourd Nestlé (-0,2%) a le mieux résisté profitant de son caractère défensif. Il précède Sonova (-0,8%) et Novartis (-1,2%). Roche (-1,8%) a fléchi plus nettement.

Novartis a fait le ménage chez sa filiale Avexis avec le remplacement du directeur pharma et des deux directeurs recherche après les reproches de la FDA sur des manipulations de données sur la thérapie génique Zolgensma.

Sur le marché élargi, l’équipementier de l’industrie chirurgico-dentaire Straumann (-2,1%) a relevé ses ambitions de croissance pour l’ensemble de l’exercice en cours, à l’issue d’un premier semestre porteur.

Le groupe alimentaire Bell (-0,8%) a bouclé le premier semestre sur une perte nette de près de 10 millions de francs, contre un léger bénéfice un an plus tôt, en raison notamment de la réorganisation de ses activités Allemagne.

L’ancien papetier industriel reconverti en développeur immobilier Cham Group (+1,9%) entend se retirer de SIX Swiss Exchange en fin d’année, au profit de la plateforme de négoce hors-Bourse de la ZKB.

Le facilitateur de flux d’informations en milieu hospitalier Ascom (+1,0%) a quant à lui annoncé qu’il ne sera pas en mesure de remplir ses objectifs annuels, suite à un premier semestre décevant.