Le pétrole se redresse jeudi, plus prudent faute d’avancée concrète vers un accord au Moyen-Orient, après avoir dégringolé mercredi face à la victoire sans appel des démocrates au Congrès américain qui met Donald Trump sous pression pour trouver un accord avec Téhéran.
Ces dernières semaines, le marché avait incorporé une forte prime de risque liée à la possibilité que le président américain ordonne de nouvelles attaques d’ampleur contre l’Iran après les élections.
Mais cette semaine, les prix de l’or noir ont plongé, le Brent, référence internationale du baril, perdant près de 14% depuis lundi matin.
En plus d’un regain d’espoirs diplomatiques, le résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis «a renforcé les attentes selon lesquelles Washington pourrait chercher à mettre fin au conflit», explique Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
Donald Trump a reconnu mercredi que la guerre avec l’Iran avait largement contribué à la débâcle de son parti, après un long message publié par le vice-président JD Vance sur X dans lequel il a écrit: «La guerre (en Iran) est la raison de notre défaite».
Si le gouvernement américain pourrait être mis sous pression pour résoudre au conflit avec l’Iran, «il n’y a pas encore d’accord», rappelle Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Selon l’analyste, «Trump sort affaibli d’une élection qui a mis en évidence à quel point la guerre est impopulaire aux États-Unis. L’Iran pourrait donc exiger des concessions plus importantes que celles déjà sur la table».
Et «en fin de compte, Trump pourrait encore choisir l’option militaire», ajoute M. Rasmussen, ce qui ferait bondir de nouveau les cours.
Vers 11H40 GMT (12H40 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en janvier, remontait d’ailleurs de 1,93% à 96,45 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en décembre, prenait 1,07% à 89,06 dollars.
Le transport maritime reste aussi la cible de nombreuses attaques.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé jeudi que deux pétroliers et un remorqueur avaient pris feu dans la nuit dans la région du stratégique détroit d’Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début du conflit déclenché fin février par des frappes israélo-américaines.
Selon le décompte de l’Organisation maritime internationale, 35 incidents visant des navires ont eu lieu en octobre dans le détroit d’Ormuz et au Moyen-Orient.
Malgré ces attaques «le redressement des exportations de brut est significatif et contribue à expliquer la pression baissière sur les prix», en revanche, «la situation est nettement moins encourageante pour les produits raffinés», affirme M. Hansen.