Le pétrole recule au plus bas depuis plus d’un an

AWP

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Le Brent lâche 2,2% à 53,27 dollars à la clôture et le WTI chute sous les 50 dollars, en baisse de 1,5% à 49,57 dollars.

Les prix du pétrole ont accentué leur baisse lundi, toujours affectés par les inquiétudes sur l’impact de l’épidémie de coronavirus sur la demande en brut et les atermoiements des membres de l’Opep+ sur la réponse à apporter à cette crise.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a lâché 1,20 dollar, ou 2,2%, pour clôturer à 53,27 dollars, au plus bas depuis fin 2018.

A New York, le baril américain de WTI pour mars a perdu 75 cents, ou 1,5%, pour terminer à 49,57 dollars, au plus bas depuis début janvier 2019.

«Le marché pétrolier continue de subir la pression de la crise du coronavirus et de l’impact qu’elle a sur la demande en énergie en Chine», premier importateur mondial de brut, souligne Andy Lipow de Lipow Oil Associates.

La Chine, frappée par l’épidémie de nouveau coronavirus dont le dernier bilan fait état de plus de 40.000 personnes contaminées et de quelque 900 décès, ne connaissait lundi qu’un semblant de reprise du travail.

Le pays reste largement affecté par les mesures liées à la pneumonie virale et plusieurs régions, abritant des dizaines de millions d’habitants, restent soumises à des restrictions de déplacement.

Dans ce contexte, «l’Opep+ semble hésiter à prendre des mesures pour réduire encore plus leur production dans un marché sur lequel l’offre était déjà surabondante avant même la crise du coronavirus, ce qui inquiète les investisseurs», relève M. Lipow.

L’Opep+ réunit les quatorze membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et dix autres puissances pétrolières, dont la Russie. Ces pays sont liés depuis fin 2016 par un accord de limitation de leur production destiné à soutenir les cours du brut face à une offre abondante.

Mais ils peinent à trouver une réponse à l’épidémie de coronavirus à même de faire consensus et adaptée au ralentissement attendu de la consommation chinoise, ce qui pèse sur les prix.

Après plusieurs jours de réunion, son comité technique conjoint (JTC) a recommandé de prolonger l’accord de réduction de la production de pétrole jusqu’à fin 2020 et de procéder à une réduction additionnelle jusqu’à la fin du deuxième trimestre, a affirmé samedi le ministre algérien de l’Energie.

Un temps évoqué, l’avancée de la prochaine réunion ministérielle, prévue initialement début mars, est également toujours en suspens.

Le ministre azerbaïdjanais de l’Energie Parviz Shahbazov l’a toutefois jugée peu probable, selon l’agence étatique russe TASS dimanche.

«Les membres de l’Opep+ sont probablement réticents à s’engager avant de mesurer l’ampleur de l’impact du coronavirus sur la demande mondiale», estime M. Lipow. «Mais la chute continue des prix du pétrole va peut-être leur forcer la main.»

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