Les prix du pétrole ont reflué vendredi après une envolée cette semaine, le marché relativisant les risques de perturbation de l’approvisionnement en mer Rouge après des déclarations des rebelles houthis du Yémen.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a chuté de 3,88% à 96,78 dollars. Il a perdu jusqu’à 5% en séance, tombant au plus bas à 95,13 dollars.
La veille, il avait dépassé le seuil symbolique des 100 dollars pour la première fois depuis le mois de mai.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, a reculé de 3,12% à 89,31 dollars.
«Il y a quelques mouvements de trafic maritime en mer Rouge, la situation n’est donc pas forcément aussi figée que nous le pensions», explique à l’AFP Robert Yawger, analyste pour Mizuho USA.
Les Houthis, pro-iraniens, ont indiqué vendredi que leur blocus maritime contre l’Arabie saoudite n’avait pas vocation à paralyser le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, après avoir revendiqué l’attaque de deux pétroliers saoudiens.
«Certains navires transportant du pétrole saoudien traversent encore le détroit de Bab el-Mandeb», remarque auprès de l’AFP Giovanni Staunovo, analyste d’UBS.
L’importance de ce passage stratégique s’est accrue depuis le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Ces flux maritimes signifient que «pour l’instant, il ne s’agit pas d’un blocus total», ce qui réduit un peu le risque sur l’approvisionnement mondial de pétrole, précise-t-il.
«Il a également été question de la tentative de l’administration Trump d’imposer aux Iraniens un accord de cessez-le-feu de dix jours par l’intermédiaire du Premier ministre irakien», souligne M. Yawger.
«Les Iraniens ont certes rejeté cette proposition, mais le fait même que Washington tente de le faire laisse entendre qu’il y a une chance que quelque chose se concrétise», poursuit l’analyste.
Les investisseurs sont donc plus prudents avant le week-end, pendant lequel les échanges seront fermés.
En cas de cessez-le-feu, même partiel, les cours pourraient tomber très rapidement comme cela avait été le cas en juin.
D’un point de vue plus technique, «le marché a connu une hausse excessive ces derniers jours (...) les traders spéculatifs qui ont beaucoup acheté ont donc probablement décidé de rentrer chez eux aujourd’hui avec un peu d’argent en poche», note Robert Yawger.