Les cours du pétrole sont stables vendredi après avoir nettement augmenté cette semaine, le marché tentant de déterminer l’impact réel de l’escalade entre l’Iran et les Etats-Unis sur le flux d’or noir qui passe par le détroit d’Ormuz.
Vers 09H20 GMT (11H20 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, cédait 0,40% à 95,14 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, perdait 0,61% à 90,74 dollars.
L’Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l’attaque qui a tué quatre personnes lors d’un mariage mardi soir.
«L’escalade soutient actuellement le brut, mais le rallye pourrait perdre de son élan si les expéditions (de pétroliers, ndlr) via Ormuz continuent de se dérouler sans encombre», expliquent les analystes d’ING.
Donald Trump a partagé jeudi sur son réseau Truth Social un graphique faisant état de 18 millions de barils quotidiens, selon lui proche du chiffre de 20 millions d’avant la guerre.
Les analystes estiment que ces chiffres sont très largement surestimés mais «il ne fait guère de doute que davantage de pétrole parvient sur le marché mondial», convient Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
Par ailleurs, la compagnie pétrolière nationale de l’Arabie saoudite, Saudi Aramco, «a maintenu inchangé le prix de son brut Arab Light pour ses clients asiatiques en octobre, alors que le marché s’attendait à une hausse plus importante», souligne l’analyste.
Selon lui, c’est un facteur baissier qui peut laisser penser que l’Arabie saoudite n’est pas aussi inquiète de l’état du marché physique que ne le laisse penser les cours actuels.
«Cependant, les marchés des produits raffinés restent nettement tendus», notent les analystes d’ING.
Aux Etats-Unis, l’essence s’affiche bien au-dessus du seuil symbolique de 4 dollars le gallon (3,78 litres), et le diesel est à 5,85 dollars le gallon, un record historique, selon l’Association automobile américaine (AAA).
«Des raffineries endommagées au Moyen-Orient et en Russie réduisent la disponibilité des produits raffinés», affirme John Plassard, de Cité Gestion.
«Faute de capacités suffisantes ailleurs pour compenser ces perturbations, les prix de l’essence, du diesel et du kérosène pourraient rester durablement élevés jusqu’en 2027», selon l’analyste.