Le groupe informatique IBM plongeait sévèrement à Wall Street mardi après avoir annoncé que ses résultats du deuxième trimestre décevraient les attentes. Le géant a évoqué une réorientation des dépenses de clients vers les infrastructures liées à l’intelligence artificielle (IA).
Vers 16h20, son titre dégringolait de 25,30% à 216,80 dollars. «Nous avons failli à notre tâche. Nous ne nous sommes pas adaptés et n’avons pas agi assez rapidement, et de nombreuses transactions importantes n’ont pas pu être conclues dans les délais prévus, ce qui explique en grande partie notre déficit», a décrit dans un communiqué adressé aux investisseurs Arvind Krishna, le patron du groupe.
Pour la période allant d’avril à juin, le groupe vise désormais un chiffre d’affaires de 17,2 milliards de dollars (+1% sur un an). Les analystes s’attendaient plutôt à ce qu’il vienne tutoyer les 18 milliards. «Au cours des dernières semaines de juin, nous avons constaté que nos clients réorientaient leurs dépenses d’investissement trimestrielles vers l’achat de serveurs, de solutions de stockage et de mémoire afin de s’assurer de disposer des infrastructures dont l’offre est limitée, en prévision des hausses de prix attendues», a souligné M. Krishna.
IBM est peu présent sur ce marché et a par conséquent souffert d’un désintérêt pour ses propres produits, notamment les logiciels et les ordinateurs centraux, massives machines dédiées aux entreprises. Son activité Infrastructures, qui comprend les ordinateurs centraux, devrait enregistrer un recul de son chiffre d’affaires de l’ordre de 7%.
Les revenus liés aux logiciels devraient eux progresser de 5%, moins qu’attendu par le marché. Les puces mémoire, présentes dans une large partie des appareils électroniques comme les smartphones, font l’objet d’une demande effrénée avec la course à la construction de centres de données dédiés à l’IA.
Cette demande massive a fait exploser les prix et les bénéfices des fabricants comme les sud-coréens SK hynix et Samsung Electronics. Aucune détente n’est attendue à court terme, les besoins continuant de grandir et la construction de nouvelles usines nécessitant plusieurs années.
Mardi, les déboires d’IBM éclaboussaient le secteur des logiciels à Wall Street, qui évoluait nettement dans le rouge.