Gonet: l'actualité des marchés au 28 octobre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,03%, S&P 500 +0,60%, Nasdaq +1,18%, Russell +1,16%, SOX +3,60%, Eurostoxx +0,79%, SMI +0,40%.

 

L’opération «IA on t’aime encore!» déclenchée jeudi soir après la clôture du NYSE se poursuit hier. La tech continue de porter les indices, le dépôt de son dossier d’IPO par Anthropic a manifestement fait un bien fou au sentiment général. Quasiment tous les mastodontes du secteur font leur part, main dans la main avec le SOX (semiconducteurs) qui présente un cas d’école technique d’une rare beauté depuis jeudi soir, j’y reviens. Les fabricants de semi-conducteurs donc mais aussi les entreprises spécialisées dans les infrastructures d’intelligence artificielle sont particulièrement recherchés, à l’image de CoreWeave, qui rebondit d’environ 8% après avoir été pénalisé par les inquiétudes entourant son endettement. Au chapitre des sociétés, atterrissage forcé pour Boeing hier, dont l’action chute de 10,7% après que la firme d’Arlington a publié une perte trimestrielle supérieure aux attentes, avec une marge opérationnelle toujours négative, pénalisée par une composition moins favorable des livraisons d’avions et la hausse des coûts d’approvisionnement. La séance d’aujourd’hui sera particulièrement chargée en la matière, avec les publications de Microsoft, Alphabet en vedettes (après la fermeture de 21h CET) mais aussi GE Vernova, KLA, Banco Santander, ServiceNow et T-Mobile US.

Il semble que les intervenants se positionnent à nouveau massivement dans la tech. Les ETF technologiques à effet de levier ont enregistré 10,8 milliards de dollars d’entrées de capitaux au cours des 22 dernières séances, un montant presque équivalent au record de 10,9 milliards atteint lors de la correction provoquée par le «Liberation Day» d’avril 2025. Les investisseurs ont ainsi massivement renforcé leurs positions à la faveur du repli du secteur, emmené par les semi-conducteurs.

L’indice S&P500 (SPX) parvient à récupérer sa moyenne mobile à 50 jours à la cloche, dans des volumes d’échanges plutôt faibles et un breadth neutre. Tout autre scénario sur le Nasdaq100 ((NDX), dont le breadth est nettement positif, l’indice en profite pour récupérer sa 100 jours et s’approcher tout près de sa 50. La timide hausse de 0,8% du SPW, l’alter ego équipondéré du SPX, confirme qu’une rotation est en cours depuis quelques séances, les intervenants quittent les actions défensives pour revenir dans les titres de croissance. Des deux sentiments qui animent les investisseurs (la cupidité ou la peur, jamais les deux ensemble), on voit bien lequel tente de reprendre fermement les choses en mains. Les petites capitalisations passent une belle journée, le Russell2000 (RTY) repasse nettement au-dessus de sa 200 jours à la cloche, il se bat avec elle depuis le 1er octobre.

On le constate, la configuration technique des principaux indices de Wall Street s’améliore depuis le début de la semaine, l’arbitre de ce match-ci est sans conteste le SOX, qui a donc rebondi de sa 200 jours vendredi (la 200 dma à 10'727 pts, clôture hier soir à 11'482 pts). L’indice des semi-conducteurs doit absolument maintenir le rythme pour éviter un gros coup de mou, il a un gap à combler à 12’507 points, s’il y parvient il confortera sa configuration technique et entrainera probablement sa moyenne mobile à 100 jours vers le haut, elle tend à piquer du nez depuis quelques temps.

Au chapitre des monnaies le dollar poursuit sa hausse face à l’euro, la paire traite à 1,1123 ce matin, elle regarde désormais son support de 1,1111 dans le blanc des yeux, juste en-dessous se trouve sa moyenne mobile à 200 semaines (@1,1108) puis interviendra le niveau de 1,1100. Si malgré cette armée de supports qui lui font face, la paire EUR/USD parvient à passer, ensuite un tapis rouge technique pourrait bien se dérouler devant elle jusqu’à 1,1000.

Le rendement du 10 ans US repasse au-dessus du niveau charnière de 5%, il cote actuellement 5,01%, la détente généralisée autour de l’IA a probablement incité des intervenants à alléger leurs positions dans la valeur refuge que constitue le 10 ans, afin aussi de dégager du cash pour reconstruire des positions en actions du secteur de la tech.

L’or remonte un chouia hier, malgré la force du billet vert, l’once traite ce matin à 4046 dollars. La relique barbare reste proche du seuil psychologique majeur des 4000 dollars. Depuis le début de la semaine on constate d’importantes sorties de capitaux des ETF adossés à l’or: lundi, leurs avoirs ont diminué de 337’200 onces troy, soit environ 1,35 milliard de dollars, représentant la plus forte réduction quotidienne depuis le 31 août. Le mouvement s’est poursuivi hier avec 134’600 onces supplémentaires vendues, marquant une troisième séance consécutive de baisse des encours, la plus longue série de sorties depuis le 4 août.

Tous les regards se tournent désormais vers la Fed, dont la décision de politique monétaire est attendue ce soir à 19 heures. Si le maintien des taux semble être le scénario le plus probable, c’est surtout la communication de la Réserve fédérale qui retiendra l’attention des investisseurs. Son président Kevin Warsh souhaite privilégier une approche plus discrète, une philosophie qui ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de l’institution, où les débats portent également sur l’ampleur du resserrement monétaire encore nécessaire. En parallèle, le sentiment général autour des valeurs technologiques demeure favorable, soutenu notamment par les excellents résultats du fabricant sud-coréen de semi-conducteurs SK Hynix, dont le bénéfice trimestriel a triplé, témoignant de la vigueur persistante de la demande liée à l’intelligence artificielle. Nous suivrons également de près les publications trimestrielles d’Alphabet (GOOG) et de Microsoft (MSFT) ce soir, deux rendez-vous majeurs qui permettront de prendre le pouls des investissements dans l’IA, de leur rentabilité et des perspectives de croissance des géants technologiques.

Wall Street aborde une période historiquement favorable aux actions, le 27 octobre marquant traditionnellement la fin de la faiblesse automnale et le début du rallye de fin d’année, communément appelé «Santa Rally». Depuis 1928, le SPX tend à rebondir à partir de la fin octobre, tandis que les statistiques depuis 1950 montrent que le 28 octobre constitue historiquement la meilleure séance de l’année. Selon Citadel Securities, la progression moyenne du SPX entre le 27 octobre et le 31 décembre atteint 5%, voire 6% les années électorales. Autre élément encourageant, l’indice a progressé lors de 18 des 19 périodes de cinq séances précédant les élections de mi-mandat depuis 1950, avec un gain médian de 2,7%. L’amélioration récente du breadth constitue également un signal positif, le SPW surperformant le NDX de 7% depuis fin septembre. Toutefois, cette rotation masque une faiblesse persistante des grandes valeurs technologiques et de l’intelligence artificielle, qui avaient largement porté le marché haussier depuis 2022. Alors qu’un panier de valeurs liées à l’IA suivi par Goldman Sachs a progressé de 353% depuis cette date, contre seulement 49% pour les autres actions, leur surperformance s’érode depuis juin et affiche désormais sa plus mauvaise évolution relative sur six mois depuis le début du cycle haussier. Les analystes soulignent ainsi qu’un rebond durable nécessitera un retour des achats sur les grandes capitalisations technologiques. Les prochaines séances seront probablement décisives.

L’agenda macroéconomique de ce mercredi sera dominé par la décision de politique monétaire de la Fed, attendue à 19h00, suivie à 19h30 de sa conférence de presse, particulièrement scrutée par les investisseurs pour déceler des indications sur l’évolution future des taux d’intérêt. Auparavant, les États-Unis publieront à 13h30 leur balance commerciale des biens ainsi que les statistiques relatives aux stocks, tandis que l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) dévoilera à 15h30 l’évolution hebdomadaire des stocks d’essence.

L’actualité des entreprises est particulièrement dense ce mercredi, notamment dans le secteur bancaire. UBS améliore ses résultats et poursuit ses rachats d’actions, Deutsche Bank annonce une progression de 2% de son bénéfice trimestriel, Banco Santander dégage un bénéfice net de 3,4 milliards d’euros et Standard Chartered relève ses objectifs annuels après des résultats supérieurs aux attentes. Dans l’industrie, BASF revoit à la hausse le bas de sa fourchette de prévisions pour 2026, tandis que Heineken enregistre une accélération de sa croissance organique au troisième trimestre. Dans la technologie, Logitech dépasse les attentes au deuxième trimestre de son exercice fiscal, alors que Sandoz modère ses perspectives de croissance. Aux États-Unis, Visa recule de 1,1% dans les échanges après clôture à la suite de ses résultats, tandis que Robinhood abandonne 7,6%. Selon Bloomberg, JPMorgan Chase pourrait obtenir le mandat de placement des actions Anthropic auprès des investisseurs particuliers, tandis qu’OpenAI envisagerait d’utiliser les puces d’intelligence artificielle de Google. Qualcomm annonce par ailleurs un partenariat avec Anduril dans les équipements informatiques militaires. En Asie, SK Hynix voit son bénéfice trimestriel tripler, propulsant son titre de 9,6% en séance.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse hormis le Nifty50 qui égare 0,20%. Tokyo progresse de 1,08% à la cloche, Hong Kong avance de 0,25%, Shanghai prend 0,91% et Séoul décolle de 6,63%, emballée comme rarement par les résultats de SK Hynix. Les futures SPX et NDX progressent de 0,1% respectivement 0,5%, pendant que l’Europe, en valeurs de la tech bien dépourvue, égare 0,1%.

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