Gonet: l'actualité des marchés au 2 octobre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,04%, S&P 500 +0,19%, Nasdaq +0,04%, Russell +0,35%, SOX +1,59%, Eurostoxx -1,49%, SMI -1,50%.

 

Pas de panique, ça se complique.

Un ange obligataire plane au-dessus des salles de marchés hier matin, bien sombre et ombrageux, le marché de la dette fronce les sourcils chaque jour un peu plus, les tensions sur la dette française semblent vouées à tenir le rôle de la goutte qui est en train de faire déborder le vase de la patience du marché obligataire global. Là où cela se complique, c’est dans l’approche monétaire probable à venir de la Banque Centrale Européenne. On sait que la BCE a revêtit ses habits de faucon depuis un petit moment déjà, d’ailleurs le marché des swaps prévoit toujours une à deux hausses de 0,25% cette année encore. Le hic, c’est que la-quasi chute libre des obligations d’Etat françaises pourrait inciter la BCE à ralentir la voilure de la hausse de ses taux, on l’observe déjà hier matin sur la partie courte de la courbe des taux allemande, le rendement du 2 ans Bund recule fortement, en parallèle l’euro est en train de perdre une importante quantité de ses copains, alors qu’en face le billet vert pète la forme. Résultats des courses la paire recule à 1,1262 ce matin, gardez en tête le niveau de 1,1111, facile à se rappeler et probablement un support plus solide que d’autres. Sur la partie obligataire, le 10 ans OAT français évolue désormais 145 points de base au-dessus du 10 ans Bund allemand.

On jette un œil sur les indices boursiers et on constate que depuis la mi-septembre les principaux indices des Etats-Unis, semi-conducteurs en tête, on repris les choses en mains, la vieille Europe portant vraiment bien son surnom. On va y revenir en détails, disons déjà que l’Europe souffre davantage de la hausse des cours de l’énergie, que son exposition au secteur de la tech / IA est très nettement moindre qu’aux Etats-Unis, que l’inflation y pète la forme et que les crises politiques y sont légion. Aux Etats-Unis la crise politique semble aussi sur le point d’éclater, mais le marché est à l’ouest, j’entends par là que la Silicon Valley sauve la mise de Wall Street pour la énième fois, du moins pour le moment, mais le fait est que le thème de l’IA a repris du poil de la bête comme rarement.

L’indice S&P500 (SPX) traverse sa moyenne mobile à 50 jours en séance, pour parvenir à la défendre à la cloche. Son podium du jour se compose de l’énergie, des industrielles et de la tech, dans un contexte de breadth positif alors que le nombre de titres clôturant en hausse sur le Nasdaq100 (NDX) est inférieur à celui de ceux reculant en clôture. La progression du jour de 0,34% du NDX est donc à créditer à quelques-uns de ses poids lourds, comme notamment Micron Tech (MU +3,03%), Nvidia (NVDA +1,09%) ou encore Taiwan Semi (TSM +0,66%). Les volumes d’échanges restent faibles, la volatilité aussi, le VIX agonise à 16,39 et on remarque que les petites capitalisations n’en mènent pas large, elles qui abhorrent des rendements obligataires en hausse. Le Russell2000 (RTY) perd régulièrement du terrain depuis la mi-août, hier il vient tester sa 200 jours pour la première fois depuis la fin mars, à cette occasion c’était déjà à la baisse et la 200 dma avait fait du bon travail, l’indice avait considérablement rebondi ensuite. La dernière fois que cette moyenne mobile à été réellement traversée c’était en juin 2025, money time sur le RTY donc, à suivre de près. Côté tech cela se passe nettement mieux, le NDX semble être entré en lévitation autour du niveau de 30500 points, alors que le SOX (semi-conducteurs) tente de s’éloigner de sa 100 jours par le haut avec un certain succès depuis le 21 septembre.

Je l’écrivais plus haut, depuis le 16 septembre la dynamique boursière a changé de camp. Le RTY perd 1,76%, le Stoxx Europe 600 (SXXP) abandonne 1,56% alors que le SPX progresse de 1,55%, le NDX bondit de 5,39% et le SOX décolle de 14,11%. Et dire que cela se produit dans un environnement de dollar fort, de taux obligataires en hausse, d’une Fed en mode faucon et de l’approche des élections de mi-mandat (3 novembre).

Résumons: le marché obligataire semble sur le point de réellement péter un câble, Wall Street n’en a cure et s’en remet à ses chevaliers de la Silicon Valley, tandis qu’en Europe c’est le bazar, la France est en train de mettre un pataquès rare dans les salles de marchés, pendant que le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran ne semble pas s’approcher d’une issue et que l’énergie coûte de plus en plus cher un peu partout sur terre.

Le marché des actions semble réellement ignorer ce phénomène, du moins en l’état. Ce matin les futures US sont orientés à la hausse, peut-être aussi après les propos de quelques banquiers centraux américains parlant d’un besoin de temps avant de relever les taux plus encore. Phénomène extrêmement rare, il semble que deux sentiments différents animent les investisseurs, avec un certain appétit au risque côté actions et une prudence manifeste sur la partie obligataire. Le 10 ans US évolue à 5,24%, il s’est légèrement détendu mais reste à un niveau élevé.

Le dollar est fort contre toutes les monnaies. Toutes? Non, une seule résiste à l’envahisseur vert, le franc suisse, qui semble bel et bien de retour dans son rôle de valeur refuge. Ce matin le dollar suisse cote 0,8281 contre 0,8362 le 30 septembre. Même phénomène contre l’euro, la paire évolue à 0,9312 contre 0,9478 hier.

On revient sur la paire EUR/USD, l’écartement du spread OAT – Bund est probablement le principal responsable de l’affaiblissement de la monnaie unique, en parallèle on observe dans le marché des achats d’options de vente sur l’euro à échéance d’un à deux mois, pour profiter d’une baisse de la monnaie ou s’en protéger. Le positionnement des hedge funds est majoritairement baissier : au cours des deux derniers jours, les grosses opérations misant sur un nouvel affaiblissement de l’euro ont été plus de deux fois plus nombreuses que celles pariant sur sa hausse.

Sur le dollar yen, la monnaie nipponne récupère un peu de terrain ce matin, cours actuel 157,51 après la publication d’une inflation sous-jacente à Tokyo de 2,7% sur un an en septembre, supérieure aux 2,3% attendus. La paire reste proche de 158, niveau auquel des options représentant 2,6 milliards de dollars arrivent à échéance aujourd’hui, entretenant les opérations de couverture. Le risque d’une intervention des autorités japonaises pour soutenir le yen reste présent.

Ce vendredi nous allons suivre de près l’évolution de la crise de la dette en France, le rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis cet après-midi et le dossier Iran / Etats-Unis, avec en toile de fonds le cours du baril de pétrole. Cours actuel du Brent 100,91 dollars, la résistance de 110 dollars reste d’actualité.

L’or se stabilise à 4189 dollars l’once après avoir perdu environ 6% en septembre, pénalisé notamment par la forte hausse des rendements obligataires américains. Le repli du taux américain à dix ans depuis ses plus hauts de 2002 et les turbulences politiques françaises lui apportent un soutien modeste, grâce à son statut de valeur refuge. Les perspectives à court terme semblent toutefois compliquées: les achats des ETF s’essoufflent, avec une réduction de leurs avoirs de 17’300 onces lors de la dernière séance. Selon Bloomberg, ce ralentissement rend l’or plus vulnérable à un nouveau renforcement du dollar. Le métal se dirige vers une baisse hebdomadaire d’environ 2%. Le niveau de 4000 dollars reste le principal support en vue.

On fait un point sur les banques centrales: Philip Jefferson, vice président de la Fed et membre votant, estime qu’il faut davantage de données avant de décider d’une nouvelle hausse des taux, afin d’éviter un resserrement excessif après le relèvement de 25 points de base du 16 septembre, qui a porté le taux à 4%. Il rejoint la prudence de John Williams, président de la Fed de New York et membre votant permanent, qui ne voit aucune urgence à agir. À l’inverse, Lorie Logan, présidente de la Fed de Dallas et membre votant en 2026, juge nécessaire de poursuivre les hausses. Lisa Cook, gouverneure et membre votant, identifie deux risques inflationnistes: les investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle et la persistance des chocs d’offre. Du côté de la BCE, Christine Lagarde réaffirme que la stabilité des prix reste prioritaire et désigne la crise énergétique au Moyen Orient comme la principale menace actuelle, tandis qu’Olaf Sleijpen souligne que les effets économiques du changement climatique doivent être intégrés à l’analyse de la transmission de la politique monétaire.

Et un point sur l’IA: les résultats d’Accenture confirment que l’intelligence artificielle soutient la demande de services informatiques: son chiffre d’affaires trimestriel atteint 18,68 milliards de dollars, contre 18,03 milliards attendus, et ses prises de commandes record atténuent les craintes de voir l’IA réduire les besoins en conseil. Selon sa directrice générale Julie Sweet, les opportunités créées par l’IA dépassent l’effet des gains d’efficacité qu’elle permet, un signal positif pour Infosys, qui gagne 4,1% jeudi, et Cognizant. Chez Amazon Web Services, Matt Wood affirme que le coût de l’inférence, c’est-à-dire de l’utilisation des modèles d’IA pour produire des réponses, peut être divisé jusqu’à cent fois en quelques mois, favorisant une adoption plus large par les entreprises. Enfin, Micron annonce environ 150 milliards de dollars de prestations restant à fournir dans le cadre de contrats clients à long terme, un montant supérieur à son chiffre d’affaires annuel de 133,2 milliards, illustrant l’importance de la demande déjà engagée en mémoires liées à l’IA.

Le Pentagone déploie le porte-avions USS Theodore Roosevelt et environ 10 000 marins et militaires des Marines dans le golfe Persique. Les États-Unis pourraient ainsi disposer simultanément de trois groupes aéronavals dans la région, alors que Donald Trump envisage de nouvelles frappes contre l’Iran. Selon les informations rapportées, les exportations pétrolières du Golfe sont revenues près de leurs niveaux d’avant le conflit, mais le Brent reste au-dessus de 100 dollars le baril.

Au menu macro-économique de ce vendredi, à 11h00, la zone euro publie son taux d’inflation de septembre. Le principal rendez-vous arrive à 14h30 avec le rapport sur l’emploi américain, comprenant les créations d’emplois non agricoles (NFP), le taux de chômage et l’évolution du salaire horaire moyen. À 16h00, les États-Unis publient les commandes à l’industrie, tandis que Lorie Logan, présidente de la Fed de Dallas, prend la parole.

BAE Systems étudie une acquisition dans les radars pour 2,3 milliards de dollars, selon Reuters, tandis que Volkswagen menace de supprimer 1000 postes supplémentaires dans sa filiale logicielle. Sandoz négocie un règlement de 400 millions de dollars avec des États américains et Henkel finalise une acquisition de 2,1 milliards d’euros. Julius Bär prévoit un rachat d’actions pouvant atteindre 600 millions de francs suisses, tandis que Carlsberg franchit une étape réglementaire vers l’introduction en Bourse de sa filiale indienne. Nike perd 9% hors séance après ses résultats trimestriels. Broadcom commence à lever 60 milliards de dollars pour financer la production de puces destinées à Anthropic et Amazon cherche, selon le Financial Times, à céder à des investisseurs pour 8 milliards de dollars de puces Nvidia. Meta fait face à une demande de sanctions pouvant atteindre 40 milliards de dollars dans un procès au Nouveau-Mexique sur la confidentialité des données, tandis que Disney annonce des licenciements. Moderna remplace Warner Bros. Discovery dans le Nasdaq 100 et Raytheon doit fournir au Pentagone pour 24 milliards de dollars de missiles. PepsiCo et Monster Beverage contestent en justice l’interdiction indienne de l’appellation «boisson énergisante». Les ingénieurs et techniciens de Boeing approuvent un nouvel accord social. General Motors conserve la première place des ventes automobiles américaines malgré un recul au troisième trimestre, tandis que Toyota progresse légèrement grâce aux hybrides. OpenAI alerte plus de 100 organisations sur des activités non autorisées d’agents d’IA et écarte trois chercheurs en sécurité accusés de fuites. Enfin, SoftBank achève son investissement de 30 milliards de dollars dans OpenAI et SK Hynix n’a pas encore décidé de la cotation de sa filiale Solidigm.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse hormis Séoul, qui grappille 0,46%. Tokyo perd 0.94% à la cloche, Hong Kong recule de 2,77%, Shanghai est fermée et le Nifty50 rend 0,88%. Les futures SPX et NDX progressent de 0,3% respectivement 0,5% et l’Europe monte de 0,2% dans les premiers échanges.

Tout le monde sur le pont à 14h30 pour le rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis!

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