Le gestionnaire de fortune Julius Baer continue de faire le ménage dans ses comptes, après avoir notamment subi au premier semestre l’impact de correctifs sur des crédits, et dû se serrer la ceinture. Les objectifs financiers du groupe restent à portée de vue.
Entre janvier et juin 2025, le produit d’exploitation s’est contracté d’environ 7% sur un an à 1,81 milliard de francs, tandis que les charges sont restées quasiment stables à 1,44 milliard, a détaillé l’établissement zurichois mardi.
La banque a inscrit, comme annoncé en mai, un nouveau correctif de valeur de 130 millions de francs auquel est venu s’ajouter la vente de l’activité au Brésil, Julius Baer Brasil Gestão de Patrimônio e Consultoria de Valores Mobiliários, qui a pesé à hauteur de 99 millions.
Du coup, le résultat avant impôts a chuté de 31,7% à 370,2 millions et le bénéfice net a plongé de 34,7% à 295,3 millions.
Fin juin, Julius Baer gérait des avoirs à hauteur de 483 milliards, en baisse de 3% sur un an. Ce repli a été expliqué par la cession des activités au Brésil et la faiblesse du dollar.
La banque a par contre fait fort en matière d’entrées de fonds. Les afflux d’argent nouveau ont en effet atteint 7,9 milliards, après 3,7 milliards de francs au premier semestre 2024. L’établissement a bénéficié d’importantes arrivées de liquidités en Asie - Hong Kong, Singapour et l’Inde - mais aussi au Royaume-Uni, en Allemagne et au Moyen-Orient. Le recrutement de nouveaux conseillers clientèle avec 55 embauches et le départ notamment de ceux n’étant pas jugés assez performants ont contribué à ces chiffres.
Pas de nouveau problème avec les crédits
Parallèlement, le groupe poursuit ses réductions de coûts avec 130 millions de francs bruts d’économies supplémentaires visées d’ici la fin de l’année. Des économies du même montant sont attendues entre 2026 et 2028.
Julius Baer continue aussi de détricoter ses risques et notamment dans les prêts accordés à sa riche clientèle. Ce passage en revue «se poursuit» et devrait être achevé «ces prochains mois», a précisé la banque zurichoise mardi. Depuis sa dernière annonce en mai, l’établissement «n’a pas eu à inscrire de nouvelle provision de perte sur crédit», a-t-elle souligné.
Fin novembre 2023, Julius Baer avait fait état d’une importante exposition de 606 millions de francs, liée à l’entrepreneur autrichien René Benko et son empire immobilier Signa, désormais en faillite. La banque avait du coup annoncé une provision sur crédits de 82 millions de francs, dont 70 millions pour cette exposition à risques.
En mai 2025, un nouveau correctif de valeur de 130 millions de francs est venu éclabousser la société. La banque l’avait expliqué par des défauts sur crédits privés et des positions sur des prêts hypothécaires. Ce correctif de valeur n’a rien à voir avec la déconfiture de M. Benko, avait assuré la banque.
La banque a confirmé ses objectifs. Elle vise des afflux d’argent nouveau en hausse de 3% cette année et de 4% à 5% entre 2026 et 2028. Le rapport entre les coûts et les revenus doit passer sous 67%, contre 68,2% actuellement et le rendement ajusté des fonds propres durs (RoceCET1) doit être supérieur à 30%.
A la Bourse, l’action Julius Baer a fini en repli de 2,1% à 55,30 francs, dans un SLI en baisse de 0,64%.