Julius Baer tourne la page des affaires pénalisantes

AWP

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La Finma clôture ses procédures d’enquête et prononce des mesures correctives. Le marché accueille chaleureusement cette étape clé.

La banque Julius Bär a officiellement tourné la page des déboires liés à plusieurs affaires retentissantes qui l’avaient éclaboussée ces dernières années, le gendarme des marchés financiers Finma ayant clôturé ses procédures d’enquête et prononcé des mesures correctives. Le marché a applaudi cette étape clé.

L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) avait ouvert en décembre 2024 une procédure de mise en conformité liée à «plusieurs crédits octroyés en faveur de différentes entités d’un groupe européen», selon un communiqué publié mardi. La Finma fait référence, sans la nommer, à la débâcle dans les crédits privés accordés au groupe autrichien Signa, depuis en faillite.

En 2023, Julius Bär avait dû inscrire un amortissement de 606 millions de francs sur des prêts consentis à Signa, dirigé par l’homme d’affaires René Benko, condamné en 2025 à de la prison en Autriche. Dans la foulée, le directeur général de la banque, Philipp Rickenbacher, avait pris la porte. La rentabilité du groupe avait été lourdement affectée en 2023 par cette affaire.

La banque zurichoise «n’était pas correctement structurée pour ces octrois de crédits» privés qui ont dépassé 1 milliard de francs, selon la Finma. L’établissement a par ailleurs «ignoré de nombreux signaux d’alerte qui auraient dû l’inciter à réduire les risques pris», a-t-elle insisté.

En août 2025, la Finma avait ouvert une nouvelle procédure à l’encontre du gestionnaire de fortune «sur d’éventuelles violations des règles de lutte contre le blanchiment d’argent en lien avec des clients dans l’entourage de deux personnes politiquement exposées (PPE) russes», a-t-elle rappelé dans son texte, sans révéler l’identité de ces personnes.

«Alors que les clients en question dans l’entourage de deux PPE russes recelaient un risque accru, la banque a insuffisamment clarifié et vérifié l’origine des valeurs patrimoniales». «Plutôt que de respecter les obligations de diligence et d’annoncer, la banque a décidé en 2019 d’appliquer une dérogation à ses règlement», a critiqué la Finma.

Parmi les nombreuses mesures correctives prononcées par le régulateur - qui a clos la cinquième procédure de mise en conformité à l’encontre de Julius Bär en moins de dix ans - la banque devra détenir des fonds propres supplémentaires à hauteur de 250 millions de francs jusqu’à la fin du processus de mise en conformité. Les distributions aux actionnaires comme les dividendes devront être approuvés par ce dernier. La banque devra aussi remettre jusqu’en 2032 des rapports à la Finma faisant état de l’avancement de mesures correctives.

La Finma a par ailleurs confisqué des gains d’environ 10 millions de francs que Julius Bär avait acquis avec les deux groupes de clients russes, qualifiés de «politiquement exposés». Le régulateur a également ouvert des procédures contre trois anciens salariés de la banque, non identifiés, «éventuellement responsables des violations des dispositions du droit de la surveillance ou de directives internes».

Nouvelle direction, nouveau départ

Dans un communiqué séparé, Julius Bär a indiqué avoir pris des «mesures correctives étendues», notamment la sortie des activités de crédit privé, la mise en place d’un cadre révisé de gestion des risques et de conformité, le renforcement des structures de gouvernance ainsi que la constitution d’une nouvelle équipe de direction.

«Ces changements importants ont rendu Julius Bär plus simple et plus solide, dotée de bases solides et d’une orientation stratégique claire», a souligné le directeur général Stefan Bollinger, qui a pris les commandes du groupe début 2025.

Selon la banque, les 250 millions de fonds propres durs (CET1) supplémentaires - contre 500 millions précédemment exigés - représentent un ratio de capitaux durs (CET1) de 9,4%. Le ratio CET1 de Julius Bär s’établissait fin juin à 18,5%.

Le groupe a confirmé la poursuite de son cycle stratégique 2026-2028 et le maintien de ses objectifs à moyen terme. Il a également déposé auprès de la Finma une demande d’autorisation pour un programme de rachat d’actions.

A la Bourse suisse, les investisseurs ont applaudi ces annonces, le titre du gestionnaire de fortune terminant la séance sur un bond de 7,21% à 76,76 francs. L’indice Swiss Leader Index a lui clôturé de justesse en hausse, grappillant 0,04%.

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