Commerzbank plus optimiste sur sa rentabilité à moyen terme

AWP

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Les résultats 2019 portant la marque du plan social, le bénéfice net affiche un repli à 644 millions d’euros, contre 862 millions en 2018.

La deuxième banque allemande Commerzbank s’est dite en mesure jeudi de dégager une meilleure rentabilité à moyen terme que celle annoncée il y a six mois, après un bénéfice opérationnel 2019 supérieur à ses prévisions.

Le groupe a dégagé l’an dernier un résultat avant impôt et frais de restructuration de 1,26 milliard d’euros, en progression de 2% sur un an malgré une hausse de la provision pour risque. Le chiffre d’affaires a légèrement augmenté à 8,64 milliards d’euros contre 8,57 milliards d’euros un an plus tôt.

«Si nous continuons à faire de tels progrès, je vois une rentabilité plus élevée pour 2023 que nous ne l’espérions» courant 2019, s’est félicité le patron de la banque, Martin Zielke, devant la presse.

Mais il n’a pas été plus précis à ce stade. En septembre, la banque avait indiqué viser un ratio de résultat net rapporté sur les fonds propres «d’au moins 4%» d’ici trois ans.

Elle en est restée éloignée en 2019, à 2,4%, sur fond de bénéfice net en repli lui à 644 millions d’euros, contre 862 millions d’euros en 2018, en raison d’un plan social enclenché à l’automne.

Croissance

L’optimisme de la banque tient au fait que ses activités reposant sur la clientèle des particuliers, des PME comme des multinationales «se sont développées plus fortement que prévu», notamment au dernier trimestre de 2019, a expliqué M.Zielke. Et 2020 est parti sur de bonnes bases, a-t-il assuré.

En outre, les exigences de capital dictées par le superviseur au sein de la Banque centrale européenne ont été assouplies pour la banque, «ce qui n’était pas prévisible à l’automne», a-t-il souligné.

Le ratio de fonds propres prudentiels, s’élevant à 13,4% fin 2019, donne déjà à la banque «plus de flexibilité pour la mise en oeuvre de la stratégie et la croissance ciblée», a assuré Bettina Orloff, la nouvelle directrice financière du groupe.

La banque au logo jaune mène en parallèle un plan social prévoyant le départ de 4'300 salariés dans le monde, ou 2'300 en net.

Cette restructuration a engendré des charges de 101 millions d’euros en 2019, sur un total de 850 millions prévus. La banque qui comptait 40.400 salariés à temps plein fin décembre veut ramener ce chiffre à 39.000 cette année.

Or, des discussions internes sont en cours en vue d’un «potentiel d’économies supplémentaires» allant au-delà de celles communiquées, a déclaré Mme Orloff, sans être plus précise.

Cession de mBank

Dans un environnement de taux d’intérêt au plus bas et de conflits commerciaux, la banque, qui a échoué l’an dernier à fusionner avec sa rivale Deutsche Bank, poursuit sa quête de clients supplémentaires en pariant qu’ils généreront des recettes futures, une fois que les taux remonteront.

Elle a ainsi glané 473'000 clients net supplémentaires l’an dernier, pour porter leur total à 11,3 millions. Elle en vise plus de 12 millions d’ici 2023.

La modernisation de son informatique doit par ailleurs coûter 750 millions d’euros, dont 200 millions sont alloués en 2020.

Malgré ces charges supplémentaires, la banque entend toujours réduire son volume de charges récurrentes de 600 millions dans les trois années à venir.

Pour financer les milliers de départs et la fermeture de quelque 250 agences sur un total de 1'000, Commerzbank cherche à vendre la rentable mBank, sa filiale polonaise.

Les candidats au rachat ne se pressent pourtant pas, selon la presse. M. Zielke assure lui toujours vouloir «vendre mBank», mais «pas à n’importe quel prix».

En bourse, le titre Commerzbank grimpait de 5,66% à 6,23 euros à la mi-journée, au sein d’un indice MDax des valeurs moyennes en recul de 0,64%.