Mexique: une victoire attendue

David Lafferty, Natixis Investment Managers

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Pour l’instant, le marché semble accorder le bénéfice du doute à Andrés Manuel Lopez Obrador, selon David Lafferty, Chief Market Strategist de Natixis.


Andrés Manuel Lopez Obrador. ©Keystone

La victoire d’Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) était attendue et, de fait, n’a a priori pas eu d’impact majeur sur le marché. Au cours des dernières semaines, les actions et la devise mexicaines se sont renforcées, avec un MXN en hausse de 4,5%, avant de retomber un peu. Pour l’instant, le marché semble accorder le bénéfice du doute à AMLO.

Cela va-t-il durer? Car, au fond, la question cruciale sera de savoir à quel Andrés Manuel Lopez Obrador on va avoir à faire. Le populiste enflammé de gauche ou une version plus pragmatique? Comme pour la plupart des populistes, la clé consistera à réussir à mettre en œuvre une réforme significative sans pour autant faire exploser le budget. L’augmentation récente et constante des taux a ralenti la croissance. En conséquence, il parait raisonnable d’anticiper une augmentation de la pression fiscale, en particulier vu le prix du pétrole qui se situe actuellement proche d’un peak. L’incertitude au sujet de l’ALENA (Accord de Libre-Echange Nord-Américain) pèsera également sur l’économie mexicaine. La patience d’AMLO à l’égard des restrictions budgétaires pourrait donc être mise à rude épreuve.

Il est difficile d’imaginer qu’AMLO
ne sera pas entraîné dans le bras de fer avec Trump.

On peut également s’attendre à ce que la relation avec le président Trump soit instable. Le Mexique est l’archétype des plus gros chevaux de bataille électoraux de Trump – l’ALENA et l’immigration – et il est difficile d’imaginer qu’AMLO ne sera pas entraîné dans cette partie de bras de fer.

Pour l’instant, le pire paraît peu probable. Les négociations de l’ALENA traineront probablement jusqu’en 2019. Cela aura certainement le don d’énerver Donald Trump, mais la branche pro-business du parti républicain continuera à repousser ses décisions trop radicales (comme un retrait complet des Etats-Unis de l’ALENA). ALMO pourrait suivre une voie similaire: sa version plutôt centre-gauche peut dominer au début, du moins jusqu’à ce que les événements nationaux et internationaux le poussent à revenir à ses racines plus à gauche.