Les conséquences du coronavirus pour les investisseurs en actions

Philippe G. Müller, UBS

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Les investisseurs peuvent mettre à profit la récente baisse des cours pour s'exposer à long terme aux actions des marchés émergents.


©Keystone

L'épidémie du coronavirus continue de s'étendre avec près de 3’000 nouveaux cas par jour. Des modèles élaborés par des chercheurs universitaires évoquent une épidémie de plus grande envergure. Par ailleurs, les reportages des médias, qui montrent des hôpitaux saturés dans la plupart des zones touchées, suggèrent toujours que le nombre de cas déclarés est inférieur à la réalité.

La réaction forte des pouvoirs publics à travers le monde devrait finir par enrayer ou du moins limiter la propagation du coronavirus. Toutefois, il est difficile de savoir à partir de quand le nombre quotidien de nouveaux cas commencera à diminuer.

Plus les usines chinoises resteront fermées longtemps, plus l'économie
mondiale sera vulnérable au risque de ruptures d'approvisionnement.

A l'heure actuelle, la croissance du PIB chinois sera probablement amputée de 2,2 points de pourcentage au premier trimestre, un impact similaire à celui observé lors de la pandémie de SRAS en 2003. La semaine dernière, les responsables politiques chinois ont pris des mesures pour stabiliser le système financier (baisse des taux d'intérêt et injection de liquidités dans le système bancaire). Les deux prochaines semaines seront cruciales pour évaluer leur efficacité. Plus les usines chinoises resteront fermées longtemps, plus l'économie mondiale sera vulnérable au risque de ruptures d'approvisionnement.

Rebond de la croissance attendu

Compte tenu de l'importance de la Chine et de l'Asie dans l'économie mondiale, l'impact sur la croissance mondiale au premier trimestre sera certainement substantiel, mais temporaire. Un vif rebond de la croissance pourrait intervenir plus tard dans le courant de l'année grâce à un effet de rattrapage de la demande. La Recherche d’UBS a ramené sa prévision de croissance du PIB mondial en 2020 à 2,9%.

Petit tour d’horizon des mesures que les investisseurs pourraient envisager pour protéger leur portefeuille dans ce contexte.

Les mesures à court terme
  • Eviter les sociétés vulnérables en Asie. Les sociétés exposées au risque d'une réduction sensible de leurs bénéfices à court terme et dont la valorisation est moins porteuse devraient encore sous-performer dans l'immédiat. Il s’agit notamment des compagnies aériennes, des casinos, des hôtels, des autres segments liés au tourisme, ainsi que de certains secteurs liés à la consommation.
  • Investir dans les titres susceptibles de profiter du confinement des habitants. Le spectre du coronavirus freine le tourisme en Asie et les habitants choisissent de rester à la maison. Par conséquent, les sociétés exposées à la consommation sur Internet (jeux vidéo, e-commerce et livraison de repas) en profiteront certainement.
Depuis le début de l'année, la nette baisse des rendements obligataires
renforce l'attrait des titres qui versent de confortables dividendes.
  • Acheter des valeurs de rendement. Dans l'environnement actuel, les valeurs défensives caractérisées par de confortables flux de trésorerie et un rendement sur dividendes élevé devraient procurer aux investisseurs des avantages en termes de diversification. Depuis le début de l'année, la nette baisse des rendements obligataires renforce aussi l'attrait des titres qui versent de confortables dividendes.
  • Profiter de l'accentuation de la volatilité. L'émission d'options de vente peut s'avérer payante lorsque la volatilité s'accentue, tout en constituant une stratégie plus défensive pour entrer sur les marchés d'actions. Les investisseurs qui cherchent à mieux se couvrir contre une baisse des cours peuvent également s'intéresser à des produits structurés capables d'améliorer le rendement tout en offrant un certain degré de protection du capital.
Les mesures à long terme

Les investisseurs peuvent également envisager de mettre à profit la récente baisse des cours pour s'exposer à long terme aux actions des marchés émergents. Cette zone géographique reste la préférée de la Recherche d’UBS dans la mesure où c'est là-bas que les rendements s'annoncent les plus élevés sur le long terme. 

Le différentiel de croissance entre les économies émergentes et les économies développées devrait se creuser en faveur des premières. Par ailleurs, les valorisations sont plus raisonnables dans les marchés émergents que dans les marchés développés. Dans ces portefeuilles, la préférence va toujours aux actions de la zone Asie hors Japon.

Enfin, les investisseurs peuvent également mettre à profit la correction pour se positionner à moindre frais sur des investissements à long terme, y compris sur les opportunités telles que la transformation digitale, l'eau et les thérapies géniques.

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