L’inquiétude gagne davantage les entrepreneurs allemands

DWS

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Graphique de la semaine de DWS. Par rapport à la France, l’Allemagne souffre de sa dépendance au commerce mondial et de l’affaiblissement de l’industrie.


©Keystone

L'état d'esprit des entreprises allemandes semble bien pire que celui de leurs homologues françaises. Cela a des conséquences, notamment pour les marchés boursiers des deux pays.

La confiance dans l'économie allemande s'est considérablement détériorée. L'Ifo Business Climate Index, établi par l'Institut Ifo de Munich, est probablement l'indicateur le plus utilisé pour évaluer l'humeur des entreprises allemandes. Comme le montre notre «Graphique de la semaine», l'appréciation de la situation des affaires se dégrade depuis un an. L’indice de confiance est retombé à des niveaux qui avaient été observés pour la dernière fois en 2012, c'est-à-dire au plus fort de la crise de l'euro.

L’équivalent français de l'indice Ifo allemand, l'indice de climat conjoncturel établi par l'Insee, a eu tendance à avoir une corrélation assez forte avec l'Ifo pendant une grande partie de son histoire. Dernièrement, cependant, leurs chemins ont divergé. Bien que le sentiment de l'autre côté du Rhin soit pire qu'il y a deux ans, l'ambiance en France a déjà commencé à s'améliorer depuis le début de l'année 2019.

La divergence d'appréciation des perspectives
économiques se reflète sur les marchés des actions.

Quelles pourraient être les raisons de cette divergence? L'économie allemande est sous le feu des deux côtés. D'une part, la forte dépendance à l'égard des exportations est un désavantage en ces temps de conflit commercial mondial. De plus, le secteur industriel s'affaiblit partout dans le monde. Comme nous l'avons déjà montré en mai, la contribution de l'industrie à la valeur ajoutée totale en France est inférieure à la moitié de celle de l'Allemagne. D'autre part, la France a un secteur public plus important. En période d'affaiblissement de la demande mondiale, cette situation s'est historiquement stabilisée à court terme. Dans une perspective à plus long terme, on pourrait adopter un point de vue plus nuancé.

Cette divergence d'appréciation des perspectives économiques se reflète également sur les marchés des actions. Depuis début 2018, le CAC 40 français devance de plus de 15% le Dax, son homologue allemand (hors dividendes).