Commentaire hebdomadaire de Raiffeisen

Raiffeisen Suisse CIO Office

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La Fed subit des pressions politiques pour abaisser encore les taux directeurs. En Europe, la situation est tout autre.

Discussions et débats des banquiers centraux: pas une semaine sans nouvelle de Trump... même ces derniers jours, le président américain n’a cessé de twitter et mercredi, il estimait que les Chinois n’étaient pas assez conciliants dans le cadre de l’accord «Phase 1-Deal» prévu avec les USA. De ce fait, le marché des actions américain, récemment au mieux de sa forme, a rapidement fléchi de 1% en 30 minutes à peine. Par ailleurs, le soutien manifesté cette semaine par le gouvernement américain en faveur des manifestants lors des émeutes interminables à Hong Kong ne facilite pas vraiment les négociations avec la Chine. Des voix n’ont donc pas tardé de s’élever prétendant que même l’accord minimal peu ambitieux avec la Chine ne se concrétiserait que l’an prochain.

La couverture médiatique était moins éloquente la semaine dernière lors de la surprenante rencontre entre Donald Trump et le chef de la Fed, Jérôme Powell. Reste à savoir si ce dernier a réussi à faire comprendre au président, lors de cet entretien à la Maison Blanche, le point de vue et le mode de fonctionnement de la banque centrale américaine. A en croire la Fed, il aurait bien souligné combien la politique monétaire dépendait des informations reçues sur l’évolution de l’économie. Toujours est-il que Trump a exigé des taux directeurs plus bas que ceux en vigueur dans les pays concurrents («après tout, nous sommes les USA») et il l’a sans délai twitté à ses partisans.

Or, les banquiers centraux européens se rendent de plus en plus compte que les taux directeurs bas, voire négatifs n’apportent pas que du bien. Ainsi, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a maintes fois évoqué ces derniers jours les effets secondaires de la politique monétaire qu’applique sa Banque centrale: il dit que les coûts directs (d’intérêts) pour les banques pèsent sur leur rentabilité déjà grevée et les marginalisent de plus en plus, surtout par rapport à leurs concurrents américains. Par ailleurs, la politique monétaire accommodante accroît, à son avis, la propension au risque des investisseurs tels que les compagnies d’assurance, les fonds et les gérants de fortune. Enfin, il y aurait ici et là des exagérations sur le marché immobilier induites par la faiblesse des taux.

Rien de tout cela n’était vraiment nouveau, surtout pas pour les nombreux détracteurs de la surabondance d’argent pratiquée par la BCE. Néanmoins, on a de plus en plus l’impression que l’Europe pourrait lentement entamer une nouvelle phase du débat sur la politique monétaire. Christine Largarde, en tant que nouvelle présidente de la BCE, se détachera sansdoute plus tôt que prévu de l’héritage de Mario Draghi, si bien que les achats de titres et les taux négatifs ne subsisteront finalement pas jusqu’aux calendes grecques. Un regard vers la Suède montre bien qu’il est possible de congédier les taux négatifs en dépit de la conjoncture modeste. Après près de cinq ans, la Riks-bank entend mettre fin en décembre à son expérience en termes de politique monétaire, car les gardiens de la monnaie suédoise se méfient de plus en plus des effets néfastes des taux constamment négatifs.

Or, Francfort ne semble pas vouloir s’y rallier de sitôt. à notre avis, la BCE maintiendra son statu quo en matière de taux directeurs l’an prochain. Pour la BNS cela signifie une fois de plus: peu de marge de manœuvre. Ainsi, le taux directeur en Suisse resterait jusqu’à nouvel avis à -0,75%, le plus bas au monde.

Graphique de la semaine

L’acronyme «FANG» étaitun mot à la mode et non pas sans raison: les quatre valeurs technologiques Facebook, Apple, Netflix et Alphabet ont longtemps été une force motrice de la hausse des actions américaines. Cependant, le glamour des titres préférés des investisseurs a récemment diminué. Alphabet (Google) est actuellement le seul titre à évoluer à un niveau record, tandis que les autres sont nettement au-dessous de leurs sommets.

GROS PLAN

De grosses introductions en bourse dans la période précédant Noël. Non seulement le géant pétrolier, Saudi Aramco, fera son entrée en bourse en fin d’année, mais il y a aussi un autre poids lourd qui s’y met: Alibaba, le revendeur chinois en ligne, prévoit (en plus de sa cotation aux USA) un second placement à Hong Kong. Cela devrait de nouveau amener 11 milliards de dollars dans la caisse.

LE PROGRAMME

Croissance économique en Suisse. Jeudi prochain, les chiffres du PIB de la Suisse pour le troisième trimestre seront publiés, relativement tard à comparaison internationale. A l’instar de ses voisins européens, on peut s’attendre à une croissance légèrement positive.