Commentaire hebdomadaire de Raiffeisen

Raiffeisen Suisse CIO Office

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La saison de publication des résultats du quatrième trimestre 2018 a débuté avec des résultats mitigés et des perspectives modérées pour les entreprises.

Les banques US ouvrent la saison: qui a pris son envol. Traditionnellement, ladite «Earnings Season» aux USA est lancée par les grandes banques. Les chiffres publiés cette semaine ont été mitigés. JPMorgan n'était pas convaincante et a déçu les analystes quant à leurs estimations de gain, notamment pour les opérations de négoce avec les obligations, les devises et les matières premières où le chiffre d'affaires au quatrième trimestre 2018 a fléchi de 16%. Mais il n'y a pas que chez le géant de l'industrie que le négoce s'est mal passé. Les fortes variations sur les marchés, tout comme la liquidité en partie faible ces dernières semaines, ont aussi impacté la concurrence. En effet, les investisseurs institutionnels ont réduit les risques et donc leurs activités de négoce pendant les mois boursiers turbulents.

Malgré les résultats mitigés, les cours des actions ont traversé des phases d'euphorie intermittentes. La réaction positive aux mauvais chiffres laisse penser que le marché a déjà anticipé en partie les perspectives de gain ternies par les pertes de cours parfois violentes de ces dernières semaines. En tout cas, les estimations de gain pour le quatrième trimestre ont régressé, passant de 17% à 11% depuis octobre, et pour 2019 aussi, les attentes des analystes se sont nettement crispées, passant à 6%. Comme la réforme fiscale date à présent d'un an, les chiffres se mesurent à une base comparative plus élevée dès le premier trimestre, et de ce fait, les gains semblent généralement être plus faibles cette année. Les semaines à venir, il faut s'attendre à des surprises en partie négatives quant aux gains et à des perspectives généralement plus prudentes pour les entreprises. Après un rallye de plus de 10% depuis Noël, le marché des actions US est susceptible de subir prochainement une correction des cours.

Les rendements obligataires en quête de stabilité: la dynamique sans cesse fléchissante de l'économie mondiale et la guerre commerciale latente ont entraîné une nette baisse aussi bien des cours des actions que des rendements obligataires. Cela a conduit à de nets gains de cours pour les obligations d'Etat aux USA et en Europe. A quoi faut-il s'attendre par la suite? Avec des niveaux de 2,6% pour les rendements US et de -0,25% pour les obligations de la Confédération, comme en début d'année, nous sommes d'avis que les craintes conjoncturelles étaient largement intégrées aux cours. De là, nous anticipons une hausse générale, quoique volatile, du niveau des rendements en 2019. Cette année encore, les obligations d'Etat, prétendument sûres, ne semblent pas trop prometteuses en matière de gain. Aussi, recommandons-nous dans notre stratégie de placement de sous-pondérer les obligations.

«Plan B» pour le «Brexit»: avec 432 voix contre 202, Theresa May a subi une défaite historique mardi à la Chambre des communes britannique lors du vote sur le deal du «Brexit» avec l'UE. Le lendemain, elle a dû se soumettre à un vote de défiance de l'opposition, qu'elle n'a remporté que de justesse. A présent, elle doit présenter un «plan B» au Parlement d'ici à lundi pour la sortie de l'UE. Mais au vu des différences évidentes entre et au sein des partis, il semble vain de croire que le plan pour l'exode prévu le 29 mars puisse être encore respecté. Les représentants de l'UE se sont récemment montrés ouverts à l'option d'une date de divorce ultérieure. Mais il ne reste plus beaucoup de marge de manœuvre, car les élections européennes auront lieu fin mai au plus tard et les choses deviendront alors vraiment compliquées.

Grapique de la semaine

Les obligations HY ont, elles aussi, subi des turbulences dernièrement. Depuis Noël, cette catégorie de placement a récupéré une grande partie des pertes de cours. Actuellement, nous ne voyons toutefois aucun rapport favorable de risque / gain.

Gros plan

Méga deal dans l'industrie aurifère. Newmont Mining aux USA achète le rival canadien Goldcorp pour 10 milliards de dollars. Des réserves d'or en déclin et la hausse des coûts obligent les producteurs d'or à se rationaliser. La vague de consolidation devrait se poursuivre.

L'inventeur du fonds indiciel est décédé. Jack Bogle, fondateur du géant de la gestion Vanguard, est décédé à l'âge de 89 ans. En 1976, il a créé le premier fonds indiciel avec un volume de 11 millions de dollars. Aujourd'hui, il a un poids de 400 milliards de dollars. Au niveau mondial, plus de 10'000 milliards de dollars ont été investis dans les fonds indiciels.

Le programme

Jeudi 24 janvier 2019. La BCE est susceptible de prendre une attitude prudente lors de sa première réunion et risque de reporter à nouveau la sortie de la politique monétaire accommodante, qui était prévue en 2019.