Zone euro: Allemagne et Italie inquiètent les ministres des Finances

AWP

1 minutes de lecture

Le ralentissement pousse Paris à réitérer ses appels à un budget commun pour contrer l’essoufflement.

Les ministres des Finances de la zone euro se sont inquiétés vendredi du ralentissement économique allemand et italien, Paris réitérant ses appels à un budget commun pour contrer l’essoufflement de la conjoncture dans les pays de la monnaie unique.

Longtemps moteur de la zone, l’Allemagne, fortement exportatrice, pâtit de l’affaiblissement de la croissance chinoise et de la montée du protectionnisme provoqué par les États-Unis.

L’Italie, quant à elle, est en récession depuis le second semestre de l’année dernière, pâtissant du poids de sa dette publique --deuxième plus élevée de la zone derrière la Grèce--, de la fragilité de son secteur bancaire et de la perte de confiance des investisseurs.

«Nous sommes préoccupés par la situation en Allemagne, nous sommes préoccupés par la récession en Italie» a déclaré le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, avant la réunion à Bucarest.

«Je pense que la situation économique actuelle prouve clairement qu’il est nécessaire de prendre des décisions maintenant», a ajouté M. Le Maire, fervent défenseur d’un budget de la zone euro qui permettrait, selon lui, d’apporter une nouvelle puissance financière aux 19 pays utilisant la monnaie unique européenne.

Mais les 19 ministres, qui se sont donnés jusqu’à juin pour s’accorder sur un tel projet --lancé d’abord par le président français Emmanuel Macron-- peinent à s’entendre, notamment à cause des réticences des pays du nord de l’Europe, les Pays Bas en tête.

«Je pense que le budget de la zone euro est le bon outil pour réduire les divergences économiques entre les 19 Etats membres et pour renforcer la convergence au sein de la zone euro «, a déclaré M. Le Maire.

Jusqu’à présent, les discussions n’ont pas abouti à grand-chose, les ministres s’étant enlisés dans des désaccords sur la taille du budget -bien plus faible que ce que voulait M. Macron au départ-, son financement et les conditions pour pouvoir profiter des dépenses.

«Nous progressons utilement dans cette discussion, qui n’est pas simple ni d’un point de vue politique ni d’un point de vue technique», a constaté Pierre Moscovici, commissaire européen chargé des affaires économiques, après des entretiens avec les ministres à Bucarest.

En arrivant à la réunion, M. Moscovici avait appelé à un budget «capable de faire face au ralentissement économique actuel».

Ce sentiment d’urgence n’est cependant pas du tout partagé par les Pays-Bas. «Je ne suis pas pressé du tout. Donc, si nous devons prendre plus de temps, c’est parfaitement justifié. Nous avons des conditions et des idées claires sur ce à quoi il devrait ressembler», a dit pour sa part le ministre néerlandais, Wopke Hoekstra.