USA: patience sur les taux, selon les minutes de la Fed

AWP

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Plusieurs participants au Comité monétaire ont averti que les taux pourraient «changer de direction» à la hausse ou à la baisse suivant l’évolution des données économiques.

La majorité des membres de la Fed ont jugé que les perspectives de l’économie américaine et les risques, notamment liés à l’international, justifiaient de laisser les taux d’intérêts en l’état jusqu’à la fin de l’année, selon le compte-rendu de sa dernière réunion monétaire publié mercredi.

Mais plusieurs participants au Comité monétaire ont averti que les taux pourraient «changer de direction» à la hausse ou à la baisse suivant l’évolution des données économiques.

Certains sont inquiets de l’allure de la «courbes des taux» d’intérêt américains qui en montrant que le rendement des bons à long terme est égal voire inférieur à celui des bons à court terme, «présage historiquement d’un affaiblissement de l’économie».

Si toutefois l’économie américaine continue de croître comme prévu (2,1% anticipé cette année), plusieurs membres n’excluent pas un «modeste» relèvement des taux «plus tard cette année», selon le compte rendu de la dernière réunion monétaire de la banque centrale américaine qui s’est tenue les 19 et 20 mars.

La Fed avait alors décidé de laisser les taux en l’état entre 2,25% et 2,50% et les projections moyennes de l’évolution des taux directeurs de chaque participant misaient sur l’absence de tour de vis jusqu’à la fin de l’année alors que trois mois plus tôt, deux hausses d’un quart de point de pourcentage étaient encore envisagées.

La prochaine réunion monétaire est prévue les 30 avril et 1er mai.

La Banque centrale, qui s’affirme indépendante, avait subi les critiques continues de la Maison Blanche qui ne cache pas vouloir des taux d’intérêt plus bas. Les taux directeurs de la Fed influencent tous les autres crédits.

L’affaiblissement d’indicateurs économiques américains au 1er trimestre, notamment du côté de la consommation, mais aussi la crainte d’«effets négatifs significatifs» des tensions commerciales et des développements économiques internationaux, comme le Brexit, ont rendu la Fed prudente.

Mais cette approche résolument précautionneuse tranche dans le même temps avec un certain optimisme sur l’évolution de la première économie mondiale qui transpire dans le compte-rendu.

«La plupart des participants ont indiqué qu’ils ne prévoient pas que la récente faiblesse des dépenses de consommation», moteur de l’économie américaine, «persiste au-delà du 1er trimestre».

Les raisons qui les ont poussés à réviser à la baisse leur projection de croissance sur l’année de 2,3% à 2,1% «incluent les nouvelles décevantes sur la croissance mondiale» et le fait que «le boom attendu de la politique budgétaire n’a pas été aussi fort qu’attendu», dit la Fed en évoquant les réductions d’impôts de Donald Trump.

L’inflation en tout cas n’est pas une menace, les participants de la Fed se montrant perplexes par rapport au fait que les prix ne montent guère malgré le marché de l’emploi très dynamique (3,8% de taux de chômage) et malgré aussi les tarifs douaniers sur les exportations chinoises. D’ordinaire, la difficulté des entreprises à pourvoir des emplois conduit à des augmentations de salaires, donc à de l’inflation.

Parmi les risques à surveiller, plusieurs membres de la Fed ont signalé l’accroissement des recours aux prêts des entreprises et leur niveau d’endettement élevé.