USA: la Fed pourrait devoir relever encore ses taux, anticipe Michelle Bowman

AWP

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«Je m’attends toujours à ce que nous devions relever encore les taux pour ramener l’inflation à notre objectif de 2,0%», déclare la membre du conseil des gouverneurs de la Fed, devant des banquiers à Columbus (Ohio).

Une gouverneure de la banque centrale américaine (Fed) a estimé mardi qu’une nouvelle hausse des taux pourrait être nécessaire pour juguler l’inflation, si celle-ci ne ralentit pas assez au cours des prochains mois.

«Je m’attends toujours à ce que nous devions relever encore les taux pour ramener l’inflation à notre objectif de 2,0%», a souligné Michelle Bowman, membre du conseil des gouverneurs de la Fed, lors d’une conférence devant des banquiers à Columbus (Ohio).

Elle s’est ainsi dite «prête à soutenir» cela «lors d’une prochaine réunion si les données disponibles indiquent que les progrès en matière d’inflation sont au point mort ou sont insuffisants pour ramener l’inflation à 2,0%».

L’inflation s’est établie à 3,4% en rythme annualisé en septembre, selon l’indice PCE, privilégié par la Fed.

Le 1er novembre, à l’issue de sa réunion de politique monétaire, la Fed a néanmoins maintenu les taux dans la fourchette de 5,25 à 5,50% dans laquelle ils se trouvent depuis juillet.

Mme Bowman a souligné avoir «soutenu» cette décision et juge que le taux «semble restrictif», c’est-à-dire qu’il ralentit l’activité économique.

«Nous avons constaté des progrès considérables dans la réduction de l’inflation, mais celle-ci reste élevée et les chiffres récents sont inégaux», a souligné la gouverneure de la Fed.

Elle a également mis en garde contre «un risque persistant que l’inflation des services reste persistante», et que «la hausse des prix de l’énergie annule certains progrès réalisés dans la réduction de l’inflation».

D’autant plus, a-t-elle précisé, que «les conditions financières se sont durcies depuis septembre», soulignant qu’»une partie de ce resserrement s’est produite grâce aux rendements obligataires à long terme», qui ont fortement monté.

Priorité: l’inflation

«Nous ne connaissons pas encore les effets du resserrement des conditions financières sur l’activité économique et l’inflation», a encore indiqué Michelle Bowman, faisant également état d’»un niveau d’incertitude inhabituellement élevé».

Aux Etats-Unis, les données économiques montrent cependant une croissance économique solide et un marché de l’emploi toujours fort. Et «l’offre et la demande sur le marché du travail pourraient être en train de mieux s’équilibrer», alors que le pays connaît depuis plus de deux ans une importante pénurie de main d’oeuvre.

La prochaine réunion de la Fed est prévue les 12 et 13 décembre. Elle sera assortie d’une actualisation des prévisions économiques.

Une autre responsable de la Fed, Lorie Logan, présidente de l’antenne de Dallas, a estimé mardi, lors d’une conférence sur l’énergie à Oklahoma City (Oklahoma), qu’en raison de la résilience de l’économie, «nous allons continuer à avoir besoin de conditions financières strictes pour ramener l’inflation à 2,0%».

Son homologue de Chicago, Austan Goolsbee, a lui estimé sur la chaîne CNBC que «la priorité ne doit pas être accordée à la croissance du PIB ou à la croissance de l’emploi», mais au «taux d’inflation».

Néanmoins, «il existe la possibilité de suivre ce que j’appelle la voie dorée, selon laquelle nous pourrions faire baisser l’inflation sans récession», a-t-il estimé.

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