Richemont voit ses recettes trimestrielles bondir

AWP

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Le propriétaire de Cartier a vu son chiffre d’affaires d’octobre à décembre grimper de 25% à 3,9 milliards d’euros. Les investisseurs apprécient.

Le groupe de luxe Richemont a enregistré au 3e trimestre de son exercice décalé une nette hausse de ses ventes, dopées par des acquisitions dans le secteur de la vente en ligne. Les principales régions, à l’exception de l’Europe qui a été freinée par les manifestations des gilets jaunes en France, ont contribué à la solide performance.

La joaillerie reste le moteur de croissance du propriétaire de Cartier tandis que les maisons horlogères ont stagné en comparaison annuelle, fait remarquer un analyste de Vontobel. Le genevois propriétaire aussi de Piaget et Vacheron Constantin, entre autres, a vu son chiffre d’affaires d’octobre à décembre, la saison la plus importante pour le secteur, bondir de 25% sur un an à 3,9 milliards d’euros (4,38 milliards de francs) et de 24% à taux de change constant (tcc).

La croissance organique, ajustée des effets d’acquisitions, s’est inscrite à 6% et à 5% à tcc, et est en ligne avec les attentes des analystes sondés par AWP. Cet indicateur a toutefois quelque peu ralenti par rapport au premier semestre où elle s’était inscrite à 8%.

Après neuf mois, le chiffre d’affaires présente un bond de 23% à 10,7 milliards d’euros et la croissance organique s’est inscrite à 6% et hors effets de change de 7%. Au niveau des régions, sans tenir compte des acquisitions de Yoox-net-à-porter, un site de vente de produits de luxe et Watchfinder, spécialisé dans la vente de montres d’occasion de luxe, les recettes du 3e trimestre ont souffert en Europe et au Moyen-Orient.

Les gilets jaunes freinent

Sur le Vieux Continent notamment, le propriétaire d’IWC et Panerai a souffert des manifestations des gi-lets jaunes en France. Pour Richemont, ces dernières ont conduit à la fermeture des boutiques six samedi consécutifs.

L’Asie-Pacifique, a bondi de 10% grâce à une progression à deux chiffres en Chine continentale et une «bonne» croissance dans les autres pays. La clientèle chinoise représente le marché le plus important pour le secteur du luxe. A Hong Kong, le premier pays d’exportation de l’industrie horlogère suisse, les maisons de Richemont ont accusé un ralentissement de la croissance, reflet de l’appréciation du dollar local par rapport à la monnaie chinoise, le yuan renminbi.

L’Amérique par contre a pris 9% grâce à la joaillerie notamment et le Japon 7%. En revanche, le Moyen-Orient et l’Afrique (-13%) ont souffert d’effets de change défavorables et d’une base de comparaison éle-vée.

Les boutiques des marques du groupe ont étoffe leur chiffre d’affaires de 5%, alors que celui réalisé via les détaillants s’est accru de 1%, reflétant une gestion stricte de l’inventaire des montres. L’horlogerie est res-tée stable en termes de ventes sur un an, les recettes des boutiques des différentes marques compensant le repli de celles générées via les détaillants.

2019, année à risque

Cartier et Van Cleef & Arpels, les deux principales maisons joaillères du groupe ont augmenté leurs re-cettes de 8%.

Pour Baader Helvea, le chiffre d’affaires sur les 9 mois est légèrement en-dessous des attentes de la banque. La banque cantonale de Zurich (ZKB) estime pour sa part que les risques dans le secteur du luxe ont augmenté ce qui pourrait peser sur l’évolution des affaires en 2019.

A la Bourse, l’action Richemont a fini en hausse de 2,8% à 67,64 francs, dans un SMI en progression de 0,30%. La porteur Swatch (inchangée) n’a pas suivi le rythme.