Orell Füssli torpillé par la vente d’activités d’Atlantic Zeiser

AWP

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Les recettes et la performance opérationnelle se sont contractées, malgré une réduction massive des effectifs. Le titre finit en hausse.

Le groupe Orell Füssli a plongé dans le rouge vif, suite à un effet unique lié à la cession d’activités de sa filiale allemande Atlantic Zeiser. Les recettes et la performance opérationnelle se sont contractées, malgré une réduction massive des effectifs. La rémunération des actionnaires devrait cependant rester inchangée, et sera même agrémentée d’un dividende de jubilé pour le 500e anniversaire du groupe.

Les revenus nets accusent un repli de 8,3% à 264,9 millions de francs, essentiellement dus à la chute des ventes dans les divisions Impression de sécurité et Zeiser, explique la maison zurichoise lundi dans un communiqué.

Le recul de 13,5% des ventes dans l’impression de sécurité, qui compte pour un peu moins de la moitié des revenus du groupe, avec 112,3 millions de francs, est à mettre sur le compte d’un mix produit modifié et l’érosion de la demande.

La baisse de la production pour les deux principaux clients - dont un n’est autre que la Banque nationale suisse (BNS) - n’a pu être que partiellement compensée par des mandats pour le compte de tiers, explique Orell Füssli.

Les revenus de Zeiser ont chuté de plus de 10% à 43,9 millions d’euros, en raison de la cession au 1er octobre à l’italien Coesia pour 26,0 millions d’euros d’une partie des activités (personnalisation de cartes et emballages), ainsi que de sa participation dans la société Tritron.

La division Librairie est la seule qui ait vu progresser ses ventes nettes, bien que de façon minime (+2,1%) à 92,2 millions de francs, «pour la première fois depuis 10 ans», précise le groupe zurichois. La progression est à mettre au crédit notamment de la croissance des activités numériques et des commandes en ligne.

Correctif de plus de 50 millions

Le résultat d’exploitation (Ebit) est ressorti à 12,0 millions (-4,8%) grevé par 8,1 millions par la restructuration de Zeiser. Ajusté de cet effet, il a légèrement progressé à 20,1 millions, grâce notamment à la réduction de près d’un quart des effectifs, à 691 équivalents temps plein (ETP).

Ce sont toutefois les charges exceptionnelles liées à la cession d’activités de cette dernière division, à hauteur de 54,0 millions de francs, qui ont fait déboucher le résultat net sur une perte de 47,2 millions, contre un bénéfice de 4,8 millions un an plus tôt.

Malgré cette contre-performance, le conseil d’administration d’Orell Füssli entend proposer à ses actionnaires une rémunération ordinaire inchangée de 4,00 francs par action au titre de l’exercice écoulé, agrémentée d’un dividende de jubilé de 2,00 francs à l’occasion des 500 ans d’existence de l’entreprise.

Pour l’exercice en cours, la direction du groupe s’attend à une nouvelle détérioration de ses revenus, mais ne s’aventure pas sur le terrain des prévisions chiffrées.

En conférence de presse, le directeur général (CEO) Martin Buyle a évoqué des discussions constructives avec de potentiels clients dans l’impression de sécurité, soulignant que l’année dernière, l’entreprise est parvenue à décrocher de nouveaux contrats pour un total de 250 millions de billets de banque, «un volume que nous n’avons pas connu depuis 2012».

Optimisme pour Zeiser

Il se montre également optimiste pour Zeiser. «Le carnet de commandes dans le coeur d’activité est très bon, et au cours du dernier trimestre, nous sommes d’ores et déjà revenus dans les chiffres noirs au niveau opérationnel.» Les ambitions en termes de ventes pour la division amputée a été fixée à 20 millions d’euros, après 17,9 millions sur une base pro forma.

La recherche d’un successeur à l’actuel CEO, dont le départ est prévu pour fin septembre, tourne à plein régime, a de son côté assuré le président du conseil d’administration Anton Bleikolm. Les candidats ont été présélectionnés et la solution sera communiquée «dans un futur proche».

A la Bourse, l’action Orell Füssli a fini en hausse de 2,2% à 92 francs, dans un SPI en hausse de 0,06%.