Novartis: Alcon établira son siège mondial à Genève

AWP

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L'entité issue de Novartis sera officiellement enregistrée à Fribourg. Genève abritera la direction de l’entreprise. Les investisseurs apprécient.

Une fois détachée de Novartis, Alcon établira son siège mondial à Genève. La division ophtalmologique du géant pharmaceutique bâlois, dont le spin-off est en cours de réalisation, et qui doit être cotée en Bourse l’an prochain, sera dans le même temps officiellement enregistrée à Fribourg où elle dispose déjà d’une présence assez forte.

Genève abritera la direction de l’entreprise et diverses activités commerciales, notamment, annonce mardi Novartis. La cité de Calvin est déjà aujourd’hui le siège de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) de la division. «La proximité de l’aéroport a aussi joué un rôle dans le choix d’y renforcer notre présence», a précisé à AWP le porte-parole de Novartis Satoshi Sugimoto.

Le siège mondial genevois sera hébergé dans un nouveau complexe de bureaux à proximité immédiate de l’aéroport. Le déménagement débutera l’an prochain. Une fois l’externalisation effective, Alcon devrait employer jusqu’à 700 personnes en Suisse, contre environ 650 actuellement, répartis entre Fribourg, Schaffhouse, où est établi un site de production d’instruments de chirurgie, Rotkreuz, près de Zoug, et donc Genève.

A l’échelle mondiale, Alcon, dont le siège actuel est à Fort Worth au Texas, emploie quelque 20’000 personnes.

«Nous nous réjouissons que Genève devienne le siège global de l’entreprise après le spin-off», a déclaré le directeur général (CEO) d’Alcon David Endicott, cité dans le communiqué. «Alcon dispose d’une forte présence en Suisse depuis plus de 40 ans. Le pays est réputé pour son climat économique porteur et sa politique favorisant les innovations.»

L’enregistrement officiel d’Alcon à Fribourg ne découle pas du hasard. L’entreprise y emploie déjà près de 300 personnes de 40 nationalités, et Fribourg est une plaque tournante pour la distribution de ses produits ophtalmologiques.

Le communiqué précise par ailleurs que Fort Worth, au Texas, qui fait actuellement office de siège de la division, restera un site important.

Novartis avait dévoilé fin juin un projet de double introduction en Bourse, à Zurich et à New York. L’opération doit être conclue au premier semestre de l’an prochain.

La scission d’Alcon doit permettre aussi bien à cette dernière qu’à Novartis de «se concentrer pleinement sur leurs activités de croissance respectives».

Recentrage

La réalisation du spin-off nécessite encore l’aval des autorités de surveillance, du conseil d’administration de Novartis et des actionnaires. Une consultation du personnel concerné est en cours.

L’opération devrait être neutre sur le plan fiscal pour Novartis. Le mastodonte bâlois conservera l’intégralité des produits pharmaceutiques d’Alcon, qui se concentrera dès lors sur les dispositifs chirurgicaux et les soins oculaires.

La division ophtalmologique se trouvait sur le balan depuis longtemps déjà, confrontée à une panne de croissance et à des résultats jugés décevants. Novartis avait lancé début 2016 un vaste processus de remaniement d’Alcon, rapatriant notamment au sein de son propre portefeuille les médicaments ophtalmologiques de sa filiale.

Alcon a généré en 2017 un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards de dollars, pour un excédent d’exploitation hors exceptionnels de 857 millions, correspondant à une marge de quelque 14%. Les investissements consentis pour l’optimisation des performances de la division avaient néanmoins creusé le déficit opérationnel comptable à 190 millions de dollars, après une perte de 132 millions déjà en 2016.

Alcon avait rejoint le giron de Novartis en 2010 sous l’ère Daniel Vasella. Ses produits sont utilisés par plus de 260 millions de patients dans le monde, par exemple pour le traitement du glaucome.

Investisseurs et analystes en accueilli très favorablement les nouvelles de mardi. L’action Novartis a pris 1,7% à 81,64 francs à la clôture, dans un SMI en baisse de 0,17%.

Exane BNP Paris et Citigroup ont revu leurs attentes à la hausse pour Novartis. La première a remonté son évaluation à «neutre», tandis que Citigroup recommande désormais le titre à l’achat.