Matières premières: le palladium pulvérise les 2’500 dollars

AWP

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La demande est «robuste» tandis que l’offre «reste contrainte» avec une augmentation peu probable à court terme, remarque UBS. Cuivre et café progressent aussi.

Le palladium a poursuivi cette semaine son incroyable ascension, atteignant de nouveaux records et des niveaux jamais vus pour un métal précieux.

Vendredi, il a ainsi atteint vers 15H20 GMT (16H20 à Paris) 2’530,60 dollars, soit une augmentation de plus de 9% sur la séance, après avoir déjà dépassé la veille le record de 2008 du platine (2’300 dollars).

Et mi-décembre, il avait déjà battu le sommet historique de l’or.

La demande est «robuste» tandis que l’offre «reste contrainte» avec une augmentation peu probable à court terme, ont souligné les analystes d’UBS pour expliquer cette incroyable hausse.

De plus, selon eux, même si la possibilité d’un remplacement par le platine augmente, il ne faut pas s’attendre à la voir se matérialiser avant plusieurs années, et même dans ce cas «la montée en puissance se fera progressivement».

Le platine, qui a souffert ces dernières années, a retrouvé des couleurs et atteint jeudi 1’041,71 dollars l’once, un niveau plus vu depuis septembre 2016.

Cette hausse pourrait provenir d’une contagion de la part du palladium et avoir été alimentée par «des achats spéculatifs, vu que le marché du platine - contrairement à celui du palladium - connait un surplus d’offre», a expliqué Daniel Briesemann, analyste pour Commerzbank.

Les deux métaux sont utilisés dans la production de véhicules, à essence pour le palladium et diesel pour le platine. Ces dernières années, le premier a donc profité de la désaffection des consommateurs pour le diesel, au détriment du second.

Sur le London Platinum and Palladium Market, l’once de palladium valait 2’526,75 dollars vendredi vers 15H20, contre 2’118,71 dollars le vendredi précédent à la clôture.

L’once de platine valait pour sa part 1’017,01 dollars, contre 979,32 dollars à la fin de la semaine précédente.

Quant à l’or, il s’échangeait à 1’554,88 dollars l’once sur le London Bullion Market, contre 1’562,34 dollars le vendredi précédent.

Le cuivre porté par l’optimisme

Le cours du cuivre a atteint un plus haut en huit mois et demi cette semaine, soutenu par les importations chinoises et la signature de l’accord commercial de «phase 1» avec les Etats-Unis.

Le prix du métal rouge a culminé à 6’340,50 dollars la tonne jeudi vers 14H10 GMT, un niveau plus vu depuis le 1er mai 2019.

«L’optimisme règne toujours sur les marchés des métaux,» a commenté Daniel Briesemann, de Commerzbank.

«Les importations et exportations chinoises de cuivre pour le mois de décembre ont augmenté de façon significative, plus qu’attendu», a-t-il ajouté.

Les douanes ont ainsi indiqué une hausse de 527’000 tonnes des importations de cuivre pour le dernier mois de l’année 2019, «soit 23% de plus sur un an et un plus haut depuis mars 2016», toujours selon l’analyste.

La trêve entre la Chine - grande consommatrice de cuivre - et les Etats-Unis, matérialisée mercredi par un accord commercial, favorise l’optimisme des marchés sur le niveau de la demande et soutient les cours des matières premières industrielles.

Les chiffres de la croissance chinoise publiés vendredi, qui a ralenti à 6,1% en 2019, ne l’ont pas enrayé.

Sur le London Metal Exchange, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s’échangeait à 6’288,00 dollars vendredi à 15H20 GMT, contre 6.198 dollars le vendredi précédent à la clôture.

Reprise du cacao

Les cours du cacao ont connu une nette accélération depuis le début de l’année et particulièrement cette semaine, avec un niveau record depuis plus de trois ans à Londres.

La tonne de cacao pour livraison en mars a atteint 2.003 livres sterling vendredi à 14H55 GMT, un prix plus vu depuis la fin du mois de novembre 2016. A New York, elle est montée vers la même heure à 2’793 dollars, un sommet depuis mai 2018.

Ce sont «les fonds et autres spéculateurs qui achètent», a commenté Jack Scoville, analyste chez Price group.

«Avec un contexte macroéconomique favorable, les prix pourraient monter» sur l’année 2020, a de son côté estimé Samuel Burman, de Capital Economics.

A Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars valait vers 15H15 GMT 2’002 livres sterling, contre 1.880 livres sterling le vendredi précédent. A New York, la tonne pour livraison en mars valait 2’788 dollars, contre 2’589 dollars sept jours plus tôt.