Lonza: vive croissance en 2018 et changement à la direction

AWP

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Après sept années passées à la tête du groupe, Richard Ridinger quittera l’entreprise en mars et sera remplacé par Marc Funk. L'annonce a apparemment déplu aux investisseurs.

Si Lonza a poursuivi sa vigoureuse croissance l’an dernier, le fournisseur bâlois de composants pour les industries pharmaceutique et chimique a néanmoins vu son bénéfice net reculer au regard de 2017. Après sept années passées à la tête du groupe, son directeur général, Richard Ridinger, quittera l’entreprise en mars.

Les revenus ont bondi de 21,9% à 5,54 milliards de francs, a annoncé mercredi le groupe sis à Bâle. La croissance reflète pour bonne part l’acquisition durant l’été 2017 de la société américaine Capsugel. Ajusté de la transaction, le chiffre d’affaires présente une expansion de 9%.

Le chiffre d’affaires publié par Lonza exclut en revanche les 516 millions de francs de revenus de l’unité spécialisée dans le traitement de l’eau, Water Care. Ce secteur, affichant des marges plutôt faibles, devrait être vendu ces prochains mois.

Le résultat d’exploitation avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (Ebitda) s’est lui envolé de près d’un tiers (+31,8%) à 1,43 milliard de francs. Le bénéfice net n’en a pas moins fléchi de 1,1% à 659 millions.

Dividende inchangé

Le tassement reflète les effets favorables de réformes fiscales aux Etats-Unis et en Belgique dont avait bénéficié l’entreprise établie à Bâle en 2017. Malgré ce tassement, le conseil d’administration propose de verser un dividende de 2,75 francs par action au titre de l’année 2018.

Ajusté des charges de restructuration, l’Ebitda dit de base a affiché une expansion de 26,3% à 1,51 milliard de francs, pour une marge correspondante de 27,3%. Le bénéfice de base a lui grimpé de 21,5% à 869 millions de francs. La performance s’est révélée légèrement inférieure aux attentes des analystes.

Sur l’exercice sous revue, Lonza a tout particulièrement tiré profit de la bonne tenue de son activité principale Pharma et Biotech. Ses revenus se sont étoffés sur une base comparable de 29% à 3,11 milliards de francs. Ajustée de l’acquisition de Capsugel, la croissance s’est fixée à 13,9%. La marge Ebitda s’est pour sa part inscrite à 32,8%.

L’activité des spécialités chimiques, dont la production se destine aux industries alimentaire et cosmétique, entre autres, a enregistré une évolution moins favorable. Les ventes ont progressé de 13,7% à 2,39 milliards de francs. Sans tenir compte de la reprise de Capsugel, la hausse n’a atteint que 3,4%. Le résultat opérationnel a légèrement fléchi.

Départ du patron

Lonza explique avoir souffert notamment de la hausse des prix des matières premières en particulier pour les produits les plus cycliques, comme la vitamine B3. Des mesures ont été prises en vue de réduire cette exposition aux cycles et l’entreprise entend accélérer l’examen de son portefeuille.

Devant la presse à Bâle, le directeur général sortant a aussi mentionné un approvisionnement difficile en matières premières, du fait de la délocalisation de leur production en Asie. Cela a coûté «quelques millions à Lonza», a poursuivi M. Ridinger.

Afin de s’assurer un approvisionnement suffisant, Lonza entend reprendre la production de certains composants de base. A cet effet, les installations existantes du site valaisan de Viège seront mises à contribution, a ajouté Richard Ridinger.

En revanche, M. Ridinger ne s’est pas inquiété d’un «Brexit dur», soit une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne sans accord avec Bruxelles. Lonza est paré à cet éventualité, dont les effets resteront limités.

Chute du titre

Pour 2019, Lonza table sur une croissance de son chiffre d’affaires entre 6 et 9% ainsi qu’une marge Ebitda demeurant «à haut niveau», a dit M. Ridinger. L’entreprise confirme par ailleurs ses objectifs à l’horizon 2022, soit des revenus à hauteur de 7,5 milliards de francs et une marge Ebitda de 30%. Des attentes qui seront toutefois révisées une fois la cession de l’unité Water Care sous toit.

La révision des perspectives devrait intervenir lors de la publication en avril prochain du dernier rapport financier trimestriel. A l’avenir, le groupe renoncera à présenter des résultats intermédiaires chiffrés.

Après sept années passées à diriger le groupe, M. Ridinger a souhaité renoncer à ses fonctions. Il entend se consacrer à l’avenir à des mandats non exécutifs dans diverses entreprises, a précisé Lonza. Pour lui succéder, le conseil d’administration a nommé Marc Funk, responsable des opérations de la division Pharma & Biotech depuis 2014.

Cette dernière annonce a apparemment suscité l'inquiétude des investisseurs. Au terme d'une séance dans le rouge vif, le titre Lonza a clôturé en chute de 7,3% à 258,80 francs, à contre-courant d'un SMI en hausse de 0,28%.