Les biosimilaires peinent à se faire une place en Suisse

AWP

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«Contrairement aux génériques, les biosimilaires ne sont pas 'substituables' aux préparations originales», a décaré Alexander Salzmann, en charge des activités biosimilaires auprès de Sandoz Suisse.

Alors que se multiplient les autorisations de mises sur le marché de biosimilaires et en dépit des rabais auxquels doivent consentir les fabricants pour s'assurer un accès au marché helvétique, ces préparations biologiques peinent à s'imposer sur les platebandes à leurs substances de référence.

Leur prix constituant leur unique avantage, ces équivalents pour les médicaments biologiques des génériques pour les substances actives chimiques souffrent en Suisse d'un manque de mesures incitatives susceptibles de leur assurer une généralisation, déploraient mardi plusieurs acteurs du secteur à l'occasion d'une conférence de presse adéquatement intitulée «Les biosimilaires, un jalon vers un contrôle des coûts de la santé en Suisse?».

L'évènement était organisé à Zurich par Sandoz, filiale de Novartis qui revendique la place de numéro un mondial du segment des biosimilaires.

«Hors toute considération de prix, les praticiens n'ont aucune raison de modifier leurs prescriptions en faveur de biosimilaires, alors que nous disposons généralement de données de suivi sur 20 ans pour les préparations originales», a résumé le Dr Jan Triebel, de l'hôpital public zurichois de Triemli.

Réticences et intérêts

Le praticien a en outre souligné une réticence certaine de la profession à modifier des prescriptions en cours de traitement, aussi similaire soit la substance de substitution à la préparation de référence.

«Contrairement aux génériques, les biosimilaires ne sont pas 'substituables' aux préparations originales», a ajouté Alexander Salzmann, en charge des activités biosimilaires auprès de Sandoz Suisse. Le choix d'une préparation originale ou d'un biosimilaire dépend ainsi directement du choix du médecin et ni le pharmacien ni le patient ne peut proposer ou décider d'opter pour une version moins onéreuse.

S'aventurant sur le terrain des intérêts des praticiens, Martina Weiss de Helsana a évoqué la question des marges et rabais accordés par l'industrie pharmaceutique pour la prescription des préparations les plus onéreuses. En dehors des modèles «médecin de famille», les caisses maladies ne disposent de surcroît d'aucun moyen de levier pour favoriser la prescription des biosimilaires, a poursuivi la responsable des négociations tarifaires.

Selon les données compilées par l'assureur pour 2016, le remboursement de médicaments biologiques - originaux et similaires - a coûté à la branche 1,3 milliard de francs, soit près de 20% du total. Helsana prévoit que sous l'impulsion des innovations en la matière par l'industrie pharmaceutique, ce montant atteigne la barre des 3 milliards dans les deux ans.