Les banques centrales dopent la demande d’or au premier trimestre

AWP

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Au premier trimestre, la demande des banques centrales a grimpé de 68% par rapport aux trois premiers mois de 2018.

Les banques centrales ont continué d’acheter de l’or à tour de bras, faisant grimper la demande de métal jaune au premier trimestre, a rapporté jeudi le Conseil mondial de l’or (CMO).

Les institutions «se diversifient et s’éloignent du dollar», a expliqué John Mulligan, un des responsables du CMO, interrogé par l’AFP.

Au premier trimestre, la demande des banques centrales a grimpé de 68% par rapport aux trois premiers mois de 2018, pour s’établir à 145,5 tonnes, la meilleure performance pour un début d’année depuis 2013.

Cette performance participe largement à la hausse de la demande totale d’or (investisseurs professionnels, particuliers et banques centrales), de 7% à 1.053,3 tonnes entre janvier et mars.

«Le premier trimestre 2018 était plutôt faible», a nuancé M. Mulligan, qui décrit un marché «correct» et relativement stable».

Ainsi, la demande des investisseurs professionnels, qui n’achètent pas des lingots mais des produits financiers adossés à des stocks d’or (ETF), s’est envolée de 49% par rapport à sa piètre performance de début 2018, mais reste à un niveau relativement bas de 40,3 tonnes au premier trimestre.

Le Brexit s’invite

La demande européenne «a profité du risque géopolitique persistant», commente le CMO dans son rapport.

Les investisseurs britanniques se seraient tournés vers le métal jaune pour se prémunir du risque élevé d’une sortie du Royaume-Uni sans accord avec l’Union européenne.

Les autres investisseurs européens, en revanche, souffrent selon M. Mulligan de «fatigue du Brexit», et étaient plutôt inquiets de la situation politique en Italie.

Loin des salles de marché, la quantité d’or recyclé a également augmenté (+5% à 287,6 tonnes).

Quand les prix atteignent des niveaux élevés, les particuliers sont plus aisément tentés de se défaire de leurs bijoux de famille.

Par ailleurs, de plus en plus souvent, si le marché de la bijouterie est en berne, «un joaillier peut décider que c’est le moment de recycler ses réserves» et de fondre ses créations, a expliqué M. Mulligan.

Ces phénomènes apparaissent dans des pays où le risque géopolitique est élevé, comme en Iran, où la demande de bijoux a sombré (-10% à 9,6 tonnes) tandis que celle d’or en barre et en pièces s’est envolée (+20% à 11,2 tonnes).

L’Inde scintille

Enfin, la demande d’or des deux plus grands acheteurs du marché, l’Inde et la Chine, a peu évolué.

En Inde, les achats d’or en barre et en pièces (+4% à 33,6 tonnes) comme ceux de bijouterie (+5% à 125,4 tonnes) ont profité d’un calendrier favorable au marché.

«La faiblesse du prix de l’or en roupies fin février et début mars a coïncidé avec la saison traditionnelle des mariages», où il est coutumier d’offrir des bijoux aux jeunes époux, explique le CMO dans son rapport.

En revanche, en Chine, la demande de bijouterie a reculé de 2% à 184,1 tonnes et les achats d’or en barre et en pièces ont baissé de 8% à 72,9 tonnes.

«Les consommateurs restent prudents face au ralentissement de l’économie locale et à la volatilité des prix de l’or», a estimé le CMO.

Le prix moyen de l’once d’or s’est établi à 1.303,8 dollars sur le trimestre, en légère baisse de 2%, mais vu la faiblesse de la monnaie chinoise, le prix a en revanche augmenté de 4% en yuans.