Les acteurs des cryptomonnaies veulent éduquer leur public

AWP

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Plusieurs acteurs du secteur se sont exprimés en ce sens jeudi lors de la conférence Bloomberg «Future of Finance» de Zurich.

Non, il ne faut pas avoir peur des monnaies numériques comme le bitcoin. Au contraire, il faut informer le public, dont une partie est intéressée par ces nouveautés qui vont bousculer les secteurs bancaire et financier. C’est le message qu’a voulu faire passer plusieurs acteurs du secteur qui s’exprimaient jeudi lors de la conférence Bloomberg «Future of Finance» de Zurich.

Le panel a été amené à discuter de la volatilité des monnaies virtuelles, et en particulier du bitcoin, dont le cours a approché les 20’000 dollars en décembre 2017 et qui s’échangeait jeudi pour 6540,76 dollars. «Beaucoup d’institutions veulent réguler ce secteur décentralisé, car elles n’arrivent pas à entrer sur ce marché, a expliqué Arthur Vayloyan, directeur général de Bitcoin Suisse, basé à Zoug. Nous sommes dans une phase de préparation, où les gens regardent ce qui se passe. Je conseille de ne pas investir, mais de s’informer.»

Même avis de Désirée Müller, fondatrice de Swiss Rex au Liechtenstein et partenaire dans Crypto Consulting à Zurich. «Il faut éduquer les gens, c’est le plus grand défi. Les gens ont peur car ils ne comprennent pas ce que c’est. Moi-même, quand j’ai commencé à m’y intéresser, c’était difficile.»

La jeune femme, qui a travaillé pour le gestionnaire d’actifs GAM, dit organiser des événements d’informations et du conseil en ICO, Initial Coin Offering, qui consiste en une levée de fonds pour démarrer un projet. «Cela va amener le financement participatif (crowdfunding) à un autre niveau. Et cela est accessible à tout le monde.»

Risques de blanchiment d’argent

Oliver Bussmann, président de l’association Crypto Valley, abonde. «Il y a un manque d’informations notamment sur les questions de risques de blanchiment d’argent». Des risques minimisés par Arthur Vayloyan, qui a auparavant travaillé pour Credit Suisse. Selon lui, «l’argent liquide est bien plus anonyme que certaines monnaies virtuelles. Et on voit des affaires au sein de banques, comme avec Danske Bank et sa filiale estonienne».

De plus, les volumes échangés restent faibles par rapport au reste de l’économie, a souligné Désirée Müller. «Le bitcoin représente 10% de la capitalisation d’Apple, il y a encore beaucoup de potentiel! Mais cela va permettre de faire des échanges plus vite et moins cher.»

Ces acteurs sont persuadés que les monnaies virtuelles vont bousculer les secteurs bancaire et financier. «Les banques ne montrent pas d’intérêt pour cela, mais leurs clients si, ce sont eux qui poussent pour y avoir accès», croit savoir le directeur général de Bitcoin Suisse. «Les infrastructures n’ont jamais été aussi bonnes. Nous n’avons pas d’investisseurs institutionnels, mais nous sommes prêts», a assuré de son côté la fondatrice de Swiss Rex.

Le panel est ainsi convaincu que les monnaies virtuelles ont un avenir, même s’il est encore trop tôt pour le dessiner. «Il est difficile de prédire vers quoi on se dirige. Au début d’internet, on ne savait pas non plus ce que cela donnerait. Et cela a fini par créer des emplois», a conclu Arthur Vayloyan.