La BM craint une nouvelle crise liée à la dette des émergents

AWP

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Entre 2010 et 2018, l’augmentation de l’endettement des pays émergents a été la plus rapide et la plus importante en 50 ans, constate la Banque mondiale.

La dernière vague d’endettement massif survenue entre 2010 et 2018 dans les pays émergents et en développement est la plus rapide et la plus importante survenue en 50 ans et pourrait se solder par une nouvelle crise, avertit jeudi la Banque mondiale (BM).

En 2018, la dette de ces pays a en effet atteint 55’000 milliards de dollars. Sur huit ans, l’augmentation a été la plus rapide et la plus importante en près de cinq décennies, constate l’institution de Washington.

Son rapport (Global Waves of Debt) analyse les quatre principaux épisodes d’accumulation de dette qui se sont produits dans plus de 100 pays entre 1970 et 2018.

Et si la dernière vague venait à se briser, cela pourrait être plus dommageable pour les pays concernés en engloutissant non seulement des gouvernements mais encore des entreprises privées à un moment où la croissance économique est atone.

La Banque mondiale exhorte ainsi «les décideurs à agir rapidement pour renforcer leurs politiques économiques et les rendre moins vulnérables aux chocs financiers».

Elle recommande en particulier une meilleure gestion de la dette, une meilleure perception des impôts, des taux de change flexibles et des règles budgétaires plus strictes pour gérer les dépenses.

Selon les dernières estimations de la Banque, le ratio de la dette sur le PIB des pays en développement a grimpé de 54 points de pourcentage, à 168%, depuis le début de l’accumulation de la dette en 2010.

En moyenne, ce ratio a augmenté d’environ sept points de pourcentage par an, soit près de trois fois plus vite que lors de la crise de la dette en Amérique latine dans les années 1970.

En outre, l’augmentation qui s’est généralisée, impliquant tant la dette publique que privée, est un phénomène observé dans la quasi totalité des régions du monde, ajoute la Banque mondiale.

«La taille, la rapidité et l’ampleur de la dernière vague de dette devraient nous concerner tous», a estimé son président, David Malpass, cité dans un communiqué. «Clairement, il est temps de corriger la trajectoire».

Depuis des années, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) mettent en garde sur l’augmentation de la dette mondiale.

Selon les dernières estimations du FMI, la dette mondiale totale, secteur privé et public confondus, atteignait 188’000 milliards de dollars fin 2018, soit l’équivalent de près de 230% de l’économie mondiale.

Après avoir diminué au cours de la crise financière de 2008, la dette était repartie en hausse dans un contexte de coûts d’emprunt très bas. Une grande partie de cette augmentation a été contractée par la Chine (équivalant à plus de 20 milliards de dollars), mais Pékin est aussi devenu un important prêteur pour les pays à faibles revenus.