L’or reste au plus haut en sept ans

AWP

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Le cours de l’once d’or a atteint ce matin son niveau de 2013 à 1’589 dollars.

Le prix de l’or a atteint mercredi un nouveau plus haut sur sept ans, bénéficiant de la fuite des investisseurs vers les valeurs refuges dans un contexte de tensions géopolitiques. L’envolée du métal jaune, amorcée depuis juin 2019, s’explique aussi par l’appétit de la Chine et de certaines banques centrales.

Après avoir plafonné dans la matinée à 1’589 dollars, un niveau atteint pour la dernière fois en 2013, le prix de l’once d’or se stabilisait à 1’578,20 dollars vers 14h36.

Cette envolée s’explique par «la réaction impulsive des traders face au risque croissant d’une guerre entre l’Iran et les Etats-Unis», ont estimé les spécialistes d’Activtrades. Selon ces derniers, «le rallye du lingot confirme l’énorme appétit pour les valeurs refuges dans le scénario actuel, les investisseurs déplaçant les liquidités des actions et autres actifs à risques vers l’or».

«L’escalade des tensions au Moyen-Orient a propulsé le cours de l’or à des niveaux jamais vus depuis avril 2013», ont pour leur part souligné les analystes d’IG Bank. Pour l’établissement, «les perspectives sont haussières puisque le cours de l’or est sorti par le haut de son biseau».

Tensions irano-américaines

Pour UBS, la flambée des tensions entre Washington et Téhéran «montre bien l’importance d’une diversification mondiale et nous renforce dans l’idée que les valeurs refuges, comme l’or et le yen, peuvent permettre de réduire la volatilité des portefeuilles».

«Les prix de l’or étant exprimés en dollars, une dépréciation du billet vert, sur laquelle nous tablons en 2020, devrait soutenir le métal jaune», ont ajouté les spécialistes de la banque aux trois clés.

Les arguments qui plaident en faveur d’une hausse du prix de l’or sont de plus en plus nombreux, a pour sa part estimé John Plassard de Mirabaud Securities.

«L’or, malgré plusieurs arguments en sa faveur, a connu quasiment six années de stagnation en évoluant entre 1’100 dollars l’once et 1’300 dollars. Il a fallu attendre le début juin pour que ce métal (...) connaisse un nouvel engouement», a rappelé M. Plassard.

Hormis l’engouement actuel pour le métal jaune, l’analyste de la banque genevoise avance d’autres explications. «Les Chinois raffolent de l’or (physique et papier). Janvier et février sont généralement des mois forts en raison d’une combinaison de la demande physique en Chine avant les vacances du Nouvel An lunaire et d’un rééquilibrage des portefeuilles des investisseurs».

La BNS devrait en profiter

Pour le spécialiste de la banque genevoise, «les achats d’or par les banques centrales (notamment russe) donnent (...) un nouvel élan à la thématique».

Malgré sa taille modeste, la Suisse figure dans le top dix des pays détenant les plus grandes réserves d’or, devant les Pays Bas et l’Inde. Au troisième trimestre 2019, l’institut d’émission helvétique avait dégagé une plus-value de 7,3 milliards de francs avec son stock d’or de 1’040 tonnes.

La BNS devrait, selon des projections d’UBS publiées lundi, avoir dégagé en 2019 un bénéfice net de quelque 50 milliards de francs, après une perte de 14,9 milliards en 2018. Le groupe bancaire zurichois se base pour ses calculs sur le rallye boursier de l’an dernier, ainsi que l’abaissement des taux d’intérêt ou encore le renchérissement de l’or.