Geberit prend encore de l’altitude

AWP

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Le bénéfice net du groupe d’équipements sanitaires grimpe de près de 20% après neuf mois.

Geberit a poursuivi sa croissance après neuf mois en 2018, malgré un net ralentissement de ses revenus au 3e trimestre. Si le bénéfice net du spécialiste st-gallois des équipements sanitaires s'est envolé, la performance a toutefois déçu les attentes. Et la révision à la baisse des perspectives a entraîné la chute du titre.

Entre janvier et fin septembre, Geberit a dégagé un bénéfice net de 492,7 millions de francs, 18,2% de plus qu'un an auparavant. Le chiffre d'affaires net s'est hissé à 2,37 milliards de francs, en progression de 7,7% par rapport aux neuf premiers mois de 2017, écrit mardi l'entreprise sise à Rapperswil-Jona.

Exprimée en devises locales, la croissance s'est inscrite à 3,1%, Geberit ayant bénéficié d'effets de change favorables à hauteur de 101 millions. Les ventes affichaient encore une hausse de 4,3% trois mois auparavant.

Sur le seul 3e trimestre, les revenus ont affiché une croissance nettement plus molle, s'étoffant en l'espace d'un an de 1,1% à 740,7 millions de francs. Corrigée des effets de change, la hausse est ressortie à 0,7%. Geberit explique l'affaiblissement du fait d'une dynamique moindre du marché de la construction dans plusieurs pays ainsi qu'à une volatilité globalement accrue.

Moins bien qu'attendu

Ajusté de l'acquisition de Sanitec, le bénéfice net après neuf mois s'est monté à 514,7 millions de francs, en hausse de 5,9%. Egalement corrigé de cet élément, le résultat d'exploitation avant intérêts et impôts (Ebit) à lui atteint 606,6 millions, 6,7% de plus qu'un an auparavant. La marge Ebit s'est cependant réduite à 25,6%, contre 25,8% un an auparavant.

Hors ajustements, l'Ebit a présenté une expansion de 17,2% à 579,1 millions de francs, pour une marge en progression à 24,4%, contre 22,4% à fin septembre 2017. Seul indicateur de rentabilité à ne pas être ajusté, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a bondi de 15,5% à 698,6 millions de francs.

L'embellie en matière de rentabilité reflète essentiellement l'accroissement des volumes livrés, les hausses de prix ainsi que les premiers effets liés à la fermeture l'an dernier de deux sites en France et des gains d'efficience. En revanche, Geberit a dû composer avec le renchérissement des matières premières et une augmentation des charges liées au personnel.

Les revenus, tout comme la performance ajustée, se sont révélés inférieurs aux attentes des analystes. Sondés par AWP, les experts avaient anticipé en moyenne un chiffre d'affaires de 2,39 milliards de francs, un Ebitda de 711 millions et un bénéfice net corrigé de 525 millions.

Sanction des investisseurs

Geberit ayant de plus raboté ses anticipations pour l'ensemble de l'année, la sanction des investisseurs ne s'est pas faite attendre. A la Bourse, le titre du groupe st-gallois a terminé sur un recul de 9,3% à 382,40 francs, dans un SMI en hausse de 1,08%.

Dans le détail, Geberit a vu ses ventes progresser après neuf mois de 2,7% en monnaies locales en Europe, de loin son premier débouché. Dans la région Asie-Pacifique, les revenus ont bondi de 13,8%, alors qu'ils se sont étoffés de 4,5% en Amérique du Nord et de 2,2 dans la zone Afrique et Proche-Orient.

Les divers marchés du Vieux continent ont présenté des chiffres contrastés. La palme de la croissance est revenue à la péninsule ibérique, les ventes s'y envolant de 11,7% en devises locales. Les affaires se sont aussi révélées florissantes en Europe centrale et de l'Est (+8,9%) ainsi qu'en Italie (+5,3%).

L'expansion était également au rendez-vous en Allemagne (+3,8%), en Suisse (+2,4%) et dans une moindre mesure en Autriche (+0,8%). Alors que les ventes sont restées stables en France, Geberit a en revanche souffert en Irlande et en Grande-Bretagne (-4,2%), tout comme dans les pays scandinaves (-2,9%).

Analystes déçus

«L'actuelle volatilité restera de mise pour les prochains trimestres et la croissance devrait se révéler plus modeste que jusqu'à présent», a averti en conférence téléphonique Christian Buhl, le directeur général de Geberit. «Mais pour l'heure, il n'y a pas de signe d'un recul sur un large front et les perspectives demeurent favorables pour le secteur de la construction».

Dans ce contexte et au vu du ralentissement intervenu au 3e trimestre, le groupe st-gallois a révisé à la surprise des analystes son objectif de croissance des revenus à 3% en chiffres corrigés des effets de change, contre 4% jusqu'alors. La marge Ebitda est attendue elle à près de 28%, contre 28,2% auparavant.

Les analystes ont dans l'ensemble jugé décevante la performance de Geberit. Martin Hüsler de la Banque cantonale de Zurich a ainsi mis en exergue le net ralentissement de la croissance des revenus par rapport au 1er semestre.