Zone euro: légère décélération des crédits au secteur privé

AWP

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La Banque centrale européenne remarque un ralentissement de 2,8% en décembre.

La croissance des crédits accordés par les banques de la zone euro aux particuliers et aux entreprises de la région a légèrement ralenti en décembre, selon des chiffres publiés vendredi par la Banque centrale européenne (BCE).

Les crédits aux entreprises non financières et aux ménages européens, ajustés de certaines opérations strictement financières, ont progressé de 2,8% en décembre, après 2,9% en novembre et 2,8% en octobre.

La hausse était de 3,1% en novembre

Les prêts aux entreprises ont progressé de 2,8% en décembre, soit un peu moins qu'en novembre (+3,1%) mais autant qu'en octobre (+2,9%).

L'octroi de crédits aux ménages a progressé de 2,8% en décembre comme en novembre et après 2,7% en octobre.

En données non ajustées, moins représentatives des crédits véritablement accordés, les prêts aux ménages ont connu en décembre une hausse de 3,2%, contre 3,1% en novembre.

Stabilité de prêts immobilier

Les crédits à la consommation ont en particulier progressé de 6,9 sur un an, contre +7,1% au mois précédent, et les prêts immobiliers de 3,3%, stables par rapport à novembre.

Plus rapide que dans le crédit, la croissance de la masse monétaire M3, agrégat utilisé par la BCE comme un indicateur avancé de l'inflation, a quant à elle progressé en décembre de 4,6%.

Nouvelle décélération

Cela marque toutefois une nouvelle décélération après la hausse de 4,9% le mois précédent et de 5,0% en octobre, selon le communiqué de la BCE.

Les banques de la zone euro s'attendent à voir la demande de crédit augmenter pendant le trimestre en cours, avec un assouplissement de leurs conditions d'octroi, avait rapporté mardi la BCE dans son rapport trimestriel sur le sujet.

La BCE a fait de la dynamisation des crédits une priorité de sa politique depuis plusieurs années. Elle a ainsi choisi de maintenir des taux d'intérêt au plus bas et a racheté pour plus de 2.300 milliards d'euros de dette publique (le "QE"), dans l'espoir que les liquidités injectées sur le marché soient redistribuées dans l'économie.

L'effet multiplicateur attendu sur les prix n'est cependant plus au rendez-vous comme dans le passé. Le taux d'inflation de la zone euro, retombé à 1,4% en décembre, reste éloigné de l'objectif de la BCE, proche mais inférieure à 2,0% sur le moyen terme.

L'année 2018 doit voir la BCE annoncer un cap plus restrictif de la politique monétaire, qui se traduira par la sortie du QE suivie "bien après" d'un premier relèvement des taux. Le président de la BCE, Mario Draghi, est toutefois resté flou jeudi sur le calendrier, renvoyant implicitement cette question à la prochaine réunion du 8 mars.