Les Bourses asiatiques cueillies à froid par Donald Trump

AWP

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Le Nikkei s’est replié de 0,85%. Le Topix a cédé 0,55%. Shanghai a perdu 0,33% et Shenzhen a stagné. Les pertes ont été beaucoup plus sévères à Hong Kong (-1,82%).

Les grandes Bourses asiatiques ont lâché du lest mercredi, guère rassurées par les déclarations de Donald Trump la veille concernant les négociations commerciales sino-américaines, tandis que la place de Hong Kong continuait d’être ébranlée par les violentes manifestations locales.

A Tokyo l’indice vedette Nikkei s’est replié de 0,85% à 23’319,87 points (-200,14 points), sa plus forte baisse depuis dix jours. L’indice élargi Topix a cédé 0,55% à 1700,33 points.

L’indice composite de Shanghai a perdu 0,33% à 2914,82 points, et celui de Shenzhen a stagné à 1614,30 points. Les pertes ont été beaucoup plus sévères à la Bourse de Hong Kong (-1,82% à 26’571,46 points), après une nouvelle nuit de violences dans l’ancienne enclave britannique.

Dans un discours la veille à New York, le président américain Donald Trump a répété qu’un accord avec Pékin pourrait intervenir «bientôt», avant de menacer derechef de relever les droits de douane américains sur les importations chinoises en cas de blocage des discussions.

Or, les marchés avaient plutôt espéré qu’il évoque un retrait des surtaxes douanières existantes pour accélérer la signature d’un accord avec Pékin, une spéculation qui avait soutenu les Bourses mondiales ces derniers jours.

«En combinant les fluctuations de marché à Hong Kong avec l’incertitude sur les négociations commerciales», les investisseurs à court terme adoptent des comportements «défensifs», a commenté Shen Zhengyang, un analyste de Northeast Securities.

Les marchés asiatiques attendaient aussi des discours du président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell devant le Congrès mercredi et jeudi, ainsi qu’une salve d’indicateurs économiques chinois jeudi.

Du côté des valeurs

NISSAN PÉNALISÉ

L’action du constructeur automobile Nissan a abandonné 0,5% à 710,9 yens à la clôture, après avoir lâché près de 4,5% en début de séance. Le groupe a livré la veille ses pires résultats financiers sur un premier semestre depuis 2009, et a logiquement abaissé ses prévisions pour 2019/2020. Il a aussi retiré sa projection d’un dividende de 40 yens au titre de l’ensemble de l’exercice, mécontentant ainsi les investisseurs.

FUJIFILM EN FORME

Le titre du géant japonais des équipements de bureautique et d’imagerie Fujifilm s’est envolé de 6,34% à 5.180 yens. Le groupe a publié mardi des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et a relevé ses objectifs annuels, pour intégrer notamment l’apport prévu de sa prise de contrôle de 100% de Fuji Xerox, la coentreprise en Asie-Pacifique qu’il opérait jusqu’à présent avec l’américain Xerox.

TOSHIBA AVANT SES RÉSULTATS

L’action du conglomérat Toshiba a fini en légère baisse (-0,26% à 3770 yens), avant la publication de ses résultats semestriels. Après la clôture de Tokyo le groupe a publié une perte nette au premier semestre, mais avec des performances en nette amélioration au deuxième trimestre qui lui ont permis de maintenir ses prévisions annuelles quasi inchangées.

Toshiba a aussi confirmé son intention de racheter 100% de trois filiales énergétiques cotées séparément en Bourse, pour environ 200 milliards de yens, afin de pouvoir mieux réorganiser leurs activités. Ce projet ayant fuité avant dans les médias nippons, les cours de ces sociétés se sont envolés mercredi: Toshiba Plant Systems & Services a bondi de 9,77% à 2698 yens, Nuflare de 15,49% à 11’180 yens et Nishishiba Electric de 36,36% à 300 yens.

Du côté des devises et du pétrole

Le yen s’est apprécié par rapport au dollar pendant la séance de mercredi à Tokyo, un mouvement qui s’accélérait encore dans la soirée en Asie: vers 10h10 GMT le billet vert valait 108,90 yens, contre 109,27 yens la veille après la clôture de la place tokyoïte.

La monnaie japonaise grimpait aussi face à l’euro, lequel se négociait pour 119,98 yens vers 10h10 GMT, contre 120,58 yens la veille après la clôture de Tokyo.

La monnaie européenne s’échangeait contre 1,1017 dollar, contre 1,1012 dollar mardi 20h00 GMT.

Les cours du pétrole, très sensibles à l’évolution des négociations commerciales sino-américaines, continuaient de s’enfoncer: vers 10h00 GMT le cours du baril de brut américain WTI perdait 0,83% à 56,33 dollars, tandis que le prix du baril de Brent de la mer du Nord abandonnait 1,16% à 61,34 dollars.