Tokyo: le Nikkei finit à -1,9%, le différend sino-américain inquiète

AWP

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Le Nikkei a lâché 417,71 points à 21.501,62 points, et l’indice élargi Topix a perdu 1,82% (-29,89 points) à 1.610,60 points.

La Bourse de Tokyo, qui avait débuté en baisse modérée, a finalement lourdement chuté jeudi, en raison d’inquiétudes ravivées sur le conflit commercial sino-américain après l’arrestation au Canada d’une responsable du géant chinois des équipements de télécoms Huawei.

L’indice Nikkei des 225 valeurs a lâché 1,91% (-417,71 points) à la clôture, à 21.501,62 points. Il avait même plongé de 2,8% en séance.

L’indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a perdu pour sa part 1,82% (-29,89 points) à 1.610,60 points.

Sur le volet des changes, le yen, valeur refuge, s’est renforcé au fil de la séance: le dollar valait ainsi 112,76 yens contre 113,05 yens quelques heures plus tôt. Idem pour l’euro qui tombait à 127,88 yens, contre 128,28 yens en début de matinée, des mouvements défavorables aux actions des groupes exportateurs nippons.

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée au Canada et fait maintenant face à une demande d’extradition des Etats-Unis, a annoncé mercredi le ministère canadien de la Justice, provoquant la colère de la Chine.

«Le ciel bleu qui est apparu juste après la réunion» entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, parvenus à une trêve samedi en marge du G20 à Buenos Aires, «a vite disparu», a commenté pour l’AFP Mutsumi Kagawa, analyste chez Rakuten Securities.

Les investisseurs étaient déjà perplexes sur la possibilité d’un accord rapide, et sur ce, «est survenue l’arrestation de la responsable de Huawei, fille du fondateur, ébranlant le moral» des marchés, a-t-il souligné, jugeant la dégringolade du jour «quelque peu excessive».

Les places financières «redoutent aussi une inversion de la courbe des taux d’intérêt» aux Etats-Unis, a noté M. Kagawa. Un tel phénomène survient lorsque le taux d’intérêt à deux ans devient plus élevé que le taux à long terme, et il est surveillé de près dans la mesure où il a historiquement précédé de quelques trimestres la plupart des récessions américaines depuis 1950.

«Fragile»

Miné par ces incertitudes, le Nikkei a effacé en trois jours une série positive de sept jours: après s’être hissé à plus de 22.500 yens, il est ainsi revenu autour de 21.500 yens.

«Cela montre combien la confiance des marchés est fragile, les investisseurs sont prompts à réagir aux mauvaises nouvelles», a estimé Hiroshi Matsumoto, chez Pictet Asset Management à Tokyo, interrogé par l’agence Bloomberg News.

Sur le front des valeurs, le secteur technologique a souffert, dans le sillage de l’arrestation de la responsable de Huawei. Dans le secteur des composants électroniques, TDK a décroché de 6,64% à 8.290 yens et Sumco de 6,57% à 1.505 yens. Les gros groupes n’ont pas échappé non plus à l’humeur maussade, Sony lâchant 2,67% à 5.776 yens, Panasonic 2,68% à 1.121,5 yens et Nintendo 4,09% à 31.920 yens.

Dans les télécoms, SoftBank Group a perdu 4,93% à 9.120 yens alors que son réseau cellulaire était très fortement perturbé par une panne technique.

Du côté de l’automobile, Toyota a mieux résisté, cédant seulement 0,49% à 6.876 yens mais Nissan a reculé de 2,18% à 973,5 yens. Le constructeur, déjà touché par deux scandales liés à l’inspection de ses véhicules au Japon, envisage un rappel en raison de la découverte de nouvelles irrégularités, a rapporté le quotidien économique Nikkei.

A noter enfin, le fort déclin de l’action Takeda (-3,20% à 4.104 yens) au lendemain du feu vert des actionnaires à l’acquisition par le laboratoire pharmaceutique de l’Irlandais Shire moyennant 46 milliards de livres (51,5 milliards d’euros au cours actuel).