Stress supplémentaire par la politique - Flash boursier Bonhôte

Groupe Bonhôte

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Volatilité sur le marché des changes. Position plus prudente de la Fed.

Fin de la semaine dernière, les événements politiques ont provoqué une vague d’insécurité sur les marchés boursiers. Le président américain Donald Trump a annulé la rencontre avec le leader nord-coréen Kim Jong Un, ce qui a provoqué une certaine nervosité. Ensuite, l’Italie a suscité des inquiétudes dans la zone euro. Giuseppe Conte a été chargé par le président de former un gouvernement mais ce juriste de 53 ans a finalement décidé de se retirer. Cela a provoqué une hausse des primes de risque sur les marchés de capitaux et a surtout ajouté de la volatilité sur le marché des changes.

Le taux EUR/CHF a momentanément glissé au-dessous de CHF 1,16 et a également perdu de la valeur face au dollar. La situation en Italie maintiendra un certain stress sur l’euro, mais il ne faut pas s’attendre à une nouvelle crise de la devise car la BCE est trop proche du marché pour que cela puisse se produire.

Le procès-verbal du dernier comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui s’est tenu début mai a été publié mercredi. Les investisseurs ont eu une réaction de soulagement à la lecture de son contenu. Le document indique que la Fed prend une position plus prudente concernant ses futures hausses de taux. Comme attendu, elle a laissé la fourchette cible des taux d’intérêt de 1,5 à 1,75%. Mais l’évolution du langage de la banque centrale a dissipé les craintes d’une accélération de la hausse des taux. L’objectif de la stabilité des prix n’était plus mentionné comme précédemment avec les 2% d’inflation qui seraient interprétables comme un plafond. Dans le récent communiqué, le terme «symétriquement» a été ajouté laissant entendre que la Fed veut aussi éviter une baisse du niveau d’inflation. Les investisseurs ont interprété l’objectif symétrique comme signifiant qu’elle ne montera pas forcément ses taux immédiatement suite à un dépassement de 2% du taux d’inflation. En conséquence, le dollar et les taux d’intérêt sur les obligations d’Etat américaines ont légèrement baissé. Le compte-rendu n’a pratiquement pas modifié les attentes des investisseurs concernant la prochaine hausse du taux d’intérêt aux Etats-Unis. Pour la prochaine réunion au mois de juin, la probabilité d’une hausse de 25 points de son taux de base est estimée à quasi 100%. Néanmoins, les choses sont différentes pour la deuxième partie de l’année. La probabilité d’au moins deux nouvelles hausses de taux d’ici la fin de l’année était au plus bas après la publication.

L'essentiel en bref
TITRES SOUS LA LOUPE

Vifor Pharma (ISIN: CH0364749348, prix: 151,85 francs)

Le laboratoire saint-gallois, leader dans les produits ferriques, développe ses activités dans ses autres secteurs de compétence qui sont les traitements néphrologiques et cardio-rénaux. Vifor Pharma a établi une joint-venture avec Fresenius Medical et a aussi conclu de nombreux accords d’octroi de licences stratégiques dans le domaine de la néphrologie.

La stratégie repose sur trois axes:

  1. Faire progresser les ventes de Ferinject en communiquant aux médecins les bienfaits d’un traitement adéquat pour les patients victimes de carence en fer.
  2. Positionner le produit Veltassa pour le traitement d’hyperkaliémie.
  3. Exploiter sa présence en Amérique du Nord pour accroitre ses ventes de médicaments néphrologiques.

La valorisation du titre est attractive aujourd’hui lorsqu’on compare les attentes de croissance des bénéfices et le ratio cours/bénéfice, qui affiche un résultat inférieur à 1 (ratio PEG).

Achat, objectif :  170 francs

Hewlett Packard Enterprise (ISIN: US42824C1099, prix: 15,52 dollars)

Le groupe, issu de la scission de l’ex-HP en 2015 et dédié aux serveurs et réseaux pour entreprises, a annoncé des résultats trimestriels globalement supérieurs aux attentes. Le bénéfice net se monte à 778 millions de dollars, contre une perte de 612 millions à la même période un an plus tôt.

La société informatique a par ailleurs relevé ses objectifs financiers pour l’exercice en cours. Pour l’ensemble de l’année, le groupe anticipe un bénéfice par action compris entre USD 1.40 et USD 1.50 contre une fourchette initiale comprise entre USD 1.35 et 1.45.

Malgré ces chiffres robustes et un relèvement de 3 à 4% de l’objectif de bénéfice, le titre a décroché de plus de 10% en bourse. Mais un peu plus de la moitié de cette meilleure perspective dépend d’effets fiscaux favorables, liés pour certains au traitement de ses spin-off successifs (trois entre 2015 et 2017).

Les promesses de nouvelles améliorations de la marge opérationnelle, notamment grâce à 750 millions de dollars d’économies sur trois ans, d’une hausse de 50% du dividende et de 5.5 milliards de dollars de rachats d’actions d’ici à l’automne 2019, devraient relativiser l’appréhension des investisseurs.

Objectif : 18 dollars