Start-up, arrêtons la mascarade

Présélection prix Turgot 2018

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Nicolas Menet, Benjamin Zimmer, Editions Dunod.

Nicolas Menet est directeur général de l'écosystème d'innovation Silver Valley. Benjamin Zimmer, docteur en sciences et diplômé de Supelec, est associé de plusieurs startups.

 

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L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Jacques Poisson

Avec plus de 10'000 Startups créées au cours des cinq dernières années, rien qu'en France, il n'est pas étonnant que le phénomène passionne tant le grand public que les Autorités. La Startup semble capable de réconcilier les contraires: réussite individuelle et bonheur collectif, intérêt personnel et bien commun, industrie financière et esprits créatifs,… Bien loin de l'entreprise artisanale ou de la PME classique, la figure du Startuper fait rêver et attire les médias. Pourtant, au-delà des clichés, la réalité – 90% d'échecs – évoque plutôt un immense gâchis de talent et d'argent, public ou privé.

En cause, notamment, un regard insuffisamment critique, de la part des financeurs, sur la solidité des projets présentés et la maturité des candidats. Mais aussi des Politiques, davantage soucieux de surfer sur une vague de communication que de s'assurer de l'utilité ou de la faisabilité des projets.

C'est ainsi que, dans les incubateurs, la disruption (supposée) est censée suppléer l'absence de rigueur de gestion et, contre tout bon sens, la course aux levées de fonds devient un objectif en soi. Forts de leur expérience, les auteurs prônent donc une remise à plat du mode de fonctionnement des écosystèmes Startup: ne plus laisser faire la sélection «naturelle» mais favoriser, par un accompagnement adéquat, la réussite d'un maximum de projets et, pour ceux qui échouent, la réutilisation systématique des idées et des talents. La méthodologie proposée applique les principes de l'économie circulaire et de consommation frugale des moyens, dans une logique de développement durable.