Le Bel Avenir de la croissance

Présélection prix Turgot 2018

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Bergeaud Antoine, Cette Gilbert et Lecat Rémy, Editions Odile Jacob.

 

 

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Philippe Alezard

L’histoire de la croissance économique a connu une longue période de stagnation très lente entre 0 et 1% et a commencé à croître avec la première révolution industrielle de la fin du XIXe siècle et s’est accélérée après la deuxième guerre mondiale. Le principal vecteur de la croissance, donc de l’augmentation du niveau de vie est les gains de productivité, eux même portés par l’innovation. Cependant celle-ci ne se diffuse pas de manière synchrone. La convergence vers le niveau vie américain, à environ 80%, ne s’est produite qu’à la fin des années 1980 pour l’Europe et le Japon. A cette période, ces trois régions représentent 60% du PIB mondial, le bloc de l’Est environ 13%, l’Asie 13%, l’Amérique latine et le reste du monde se partageant les 14% restants. La période 2000/15 a marqué le rattrapage phénoménal des pays en voie de développement. Leur PIB a été multiplié par 2,5 quand dans le même temps celui de l’occident croissait de 30%.

Dès lors, la question de la perspective de ces gains de productivité est cruciale. La stagnation constatée depuis quelques années est-elle amenée à perdurer ou sommes nous en période de transition à l’aube de la troisième révolution industrielle? Dans ce cas quid de l’impact sur l’emploi? Des réformes structurelles de nos institutions, de notre formation professionnelle, de l’enseignement, pour être prêts à affronter des chocs dont nous ne soupçonnons pas l’ampleur sont le principal défi de cette révolution numérique afin de diffuser et d’utiliser pleinement ces technologies pour élever de façon pérenne la productivité, donc le PIB, et/ou de l’emploi.

Les auteurs présentent des pistes pour lutter contre les idées reçues, pour démontrer qu’il n’y a pas incompatibilité entre croissance et préservation de l’environnement et présentent différentes stratégies pour la mise en place des nécessaires réformes  structurelles. Une bonne bouffée d’optimisme qui laisse penser que la croissance du XXIe siècle pourrait se rapprocher ce celle, inédite par son ampleur dans l’histoire de l’humanité, du XXe siècle.