Jouer sa peau. Asymétries cachées dans la vie quotidienne

Présélection prix Turgot 2018

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Nassim Nicholas Taleb, Editions Les belles lettres.

Nassim Nicholas Taieb, ancien trader, disciple de Sénèque et de Mandelbrot, est professeur au Polytechnic Institute de New York.

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Jean-Jacques Pluchart

Après avoir révélé l’importance des événements hautement improbables dans la finance de marché («le cygne noir») et dans les activités économiques («Antifragile», «Les bienfaits du désordre»), l’auteur soulève la problématique de la prise de risque («jouer sa peau») dans la vie publique et dans la vie personnelle. «Face au risque de ruine, les probabilités prennent tout leur sens». Construisant une nouvelle «éthique du risque», il est ainsi conduit à s’intéresser à l’économie politique, à la vie des affaires, à la religion, à l’histoire… Il soutient notamment que seule la prise de «vrais risques» – avec les bénéfices ou les pertes qui les accompagnent –, est véritablement de nature à faire progresser l’’économie et la société. La prise de risque est une «attitude morale». Adoptant un discours radical, il fustige ainsi les intellectuels («l’intellectuel est nécessairement idiot»), les journalistes et les hommes politiques… («3 ou 4% de la population»), qui sont «les conseilleurs et non les payeurs». Il magnifie les entrepreneurs qui mettent chaque jour en jeu leur fortune personnelle et leur honneur. Il déplore que «la malédiction de la modernité, c’est qu’une catégorie de personnes ne cesse d’augmenter au sein de la population… plus douée pour expliquer que pour faire». Il dénonce «l’asymétrie» selon laquelle «pile je gagne; face vous perdez». Il vante le code juridique babylonien qui condamne à mort le mauvais maçon. Il conseille de supprimer les assistants et les intermédiaires qui biaisent le jugement du preneur de risque. Il conclut que «jouer sa peau est surtout une question de justice et de sacrifice».