Changer ou disparaître

Présélection prix Turgot 2018

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Peyrelevade Jean, Editions de l’Observatoire.

Polytechnicien, Enarque, banquier ancien Président du Crédit Lyonnais, conseiller de nombreux présidents de la République, Jean Peyrelevade nous livre une analyse sans concession de la société française sous ses aspects sociaux et économiques. Notre société est en déclin qui trouve ses origines dans l’aversion des français à l’économie de marché.

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
François-Xavier Simon

Depuis la fin des trente glorieuses, les batailles entre pouvoir politique et partenaires sociaux, patrons et syndicats conduisent inéluctablement à un marchandage dans lequel le prix payé pour acheter la paix sociale a un prix plus élevé que celui des gains de productivité de notre économie.

Le déclin économique est visible à tous les niveaux (effondrement du secteur industriel, croissance en berne, chômage élevé, parts de marché de nos entreprises en diminution, dépense et dette publique élevées…). Les entreprises françaises ont un modèle pris en étau en Europe entre celui de ses consœurs allemandes vendant des produits à la qualité reconnue et ses concurrentes espagnoles produisant à bas coût. De surcroit, États-Unis et Chine rachètent nos fleurons industriels.

Face à ce constat d’exception française en termes de lutte des classes et l’analyse du déclin en marche reposant sur la vision antagoniste du capitalisme - qu’il faut faire payer - et de la paix sociale – qu’il faut acheter – sous la menace extérieure, Jean Peyrelevade propose des solutions s’inspirant du capitalisme social allemand, néerlandais ou scandinave, dont il décrit l’architecture de la réforme à entreprendre sans tarder.

Ce livre est une synthèse pertinente d’analyses politique, sociale et économique aux composantes bien connues. Il présente de nombreux attraits, qui à sa lecture créent une envie d’aller au bout à la recherche de solutions.

La vision cauchemardesque appelle au rêve de solutions miracles… Comme indiqué en première page de couverture, ce livre s’adresse au patronat, qui, selon l’auteur, est le seul à pouvoir entreprendre la réforme de l’ouverture progressive au capital des entreprise et à ses instances de gouvernance aux salariés et à leurs représentants élus.

Face à de tels défis, qu’en penserait Turgot?