UBS confirme la nomination d’Iqbal Khan à la gestion de fortune

AWP

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Le banquier star qui a récemment quitté Credit Suisse occupera le poste de co-président de la gestion de fortune globale aux côtés de Tom Naratil.

UBS a frappé un grand coup en recrutant le banquier star du moment, Iqbal Khan. Ce transfuge de Credit Suisse a été choisi pour codiriger l’importante activité de gestion de fortune du groupe bancaire zurichois, qu’il devra relancer.

La nouvelle avait filtré mercredi soir dans la presse alémanique, le Tages-Anzeiger annonçant, en se basant sur des sources proches du dossier, que M. Khan, un Suisse aux racines pakistanaises de 43 ans, avait été retenu pour rejoindre la banque aux trois clés.

UBS a confirmé jeudi que M. Khan codirigera la gestion de fortune globale aux côtés de Tom Naratil, par ailleurs président d’UBS Amériques. La nouvelle recrue remplace Martin Blessing, qui gérait la gestion de fortune dans les autres régions du monde. Il intègre parallèlement la direction générale.

Iqbal Khan rejoindra la banque aux trois clés le 1er octobre. Il prendra la codirection de la plus grande unité d’UBS, la gestion de fortune, qui constitue le coeur de métier du groupe. Cette division a dégagé au 2e trimestre un produit d’exploitation de 4,1 milliards de dollars (-2,6% sur un an) et un bénéfice opérationnel de 874 millions (-9,1%), à comparer à l’échelle du groupe à un produit total de 7,5 milliards et un résultat opérationnel de 1,8 milliard.

Pour M. Khan, peu de choses changent. Il lui suffira de traverser la Paradeplatz de Zurich pour rejoindre son nouvel employeur, après avoir dirigé de 2015 à 2019 la gestion de fortune internationale de Credit Suisse. Iqbal Khan avait occupé à partir de 2013 le poste de directeur financier de la banque privée et de la gestion de fortune.

UBS a relevé que M. Khan avait, durant son activité chez Credit Suisse, «développé avec succès la gestion de fortune internationale, permettant une forte croissance et une rentabilité élevée» de ces activités.

D’autres changements sont intervenus à la direction du groupe bancaire zurichois. Suni Harford va remplacer Ulrich Koerner en tant que présidente de la gestion d’actifs. Elle rejoint de ce fait la direction générale d’UBS. M. Koerner va rester employé par la banque en tant de conseiller.

Mme Harford était depuis 2017 directrice des investissements pour la gestion d’actifs. Elle a précédemment travaillé pour les banques américaines Citigroup et Merrill Lynch.

La directrice opérationnelle Sabine Keller-Busse va quant à elle reprendre en plus de ses fonctions actuelles celles de M. Koerner comme présidente d’UBS pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Mme Keller-Busse a rejoint UBS en 2010 en tant que directrice opérationnelle pour UBS Suisse.

Revenant sur les nominations de M. Khan et Mme Harford, le directeur général Sergio Ermotti s’est félicité d’avoir recruté «deux personnalités dirigeantes dotées de fortes compétences sociales et d’un solide bilan dans leurs précédentes activités».

Pressenti chez Julius Baer

Les deux nouveaux membres de la direction vont aider UBS «à améliorer durablement la croissance et la rentabilité» du groupe, a ajouté M. Ermotti.

Selon le Tages-Anzeiger, l’ancien responsable de Credit Suisse entrerait ainsi en lice pour éventuellement succéder à l’actuel directeur général Sergio Ermotti. Officiellement, la banque n’a actuellement pas de plan de succession pour le banquier tessinois.

Début juillet, Credit Suisse avait annoncé le départ de M. Khan, qui était en charge de la gestion de fortune et membre de la direction. Il avait figuré un certain temps au rang des favoris pour succéder à Bernhard Hodler à la tête du gestionnaire de fortune Julius Baer. Mais le poste avait finalement été attribué à Philipp Rickenbacher.

Les investisseurs accueillaient favorablement cette nouvelle. Le titre UBS progressait en effet de 1,4% à 10,44 francs, alors que l’un indice vedette SMI grimpait de 0,76% vers 14h30.

Pour les analystes de Vontobel, M. Khan a été un élément essentiel pour renforcer la rentabilité de la gestion de fortune internationale chez son ancien employeur. Sa nomination, ainsi celle de Mme Harford ont été accueillies positivement par la banque, qui évoque un «rajeunissement» de la direction d’UBS.

M. Khan devra s’atteler à relancer la gestion de fortune, «qui a déçu ces deux dernières années», a estimé pour sa part la Banque cantonale de Zurich (ZKB) dans une note. Le nouveau duo à la tête de la division clé d’UBS devrait être en mesure de relancer la machine, mais il lui faudra du temps pour identifier les problèmes.