PKB s’explique sur l’affaire Rubygate en Italie

AWP

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La banque tessinoise confirme un versement au Mexique mais indique qu’il n’y a aucun lien avec Ruby et Silvio Berlusconi et qu’ils n’ont jamais été clients de PKB.

La banque PKB est citée dans le cadre du procès «Ruby Ter» qui se tient en ce moment à Milan. Une somme de 360’000 euros a été versée par l’établissement tessinois sur un compte au Mexique, argent qui aurait permis à Silvio Berlusconi d’acheter le silence de Karima El Mahroug, alias Ruby, sur les parties fines organisées par l’ancien président du Conseil italien.

Contactée par AWP, la banque a confirmé l’existence de ces deux versements datant de 2011 pour un montant total de 360’000 euros. Un porte-parole a toutefois précisé que l’argent a été transféré de Lugano au Mexique entre deux comptes appartenant à la même personne. Il n’y a aucun lien avec Ruby et Silvio Berlusconi, qui n’ont jamais été clients de PKB, a-t-il souligné.

Selon les documents cités par la presse transalpine et tessinoise, l’ancien compagnon de Ruby Luca Risso a demandé à un employé de PKB de procéder aux versements - un de 60’000 et un autre de 300’000 euros - à la banque Monex située à Playa del Carmen, au Mexique. Un courrier qui atteste de cette requête a été produit par le Parquet lors du procès.

Pour la banque luganaise, il n’existe aucun indice qui fasse un lien entre les différents intervenants de l’affaire. Rien ne prouve que l’argent ait fini dans les mains de Karima El Mahroug, selon l’établissement.

Calendrier remis en cause

PKB estime que les dates ne plaident pas en faveur d’un scénario de paiement pour acheter le silence de la jeune Marocaine. Les versements remontent à 2011, alors que Ruby a été sollicitée par la justice en 2012 et témoigné formellement plus de deux ans plus tard, a détaillé le porte-parole.

Silvio Berlusconi a été accusé d’avoir entretenu des rapports sexuels tarifés avec Karima El Mahroug, encore mineure à l’époque et aujourd’hui âgée de 24 ans, lors de parties fines dans sa demeure à Arcore, en Lombardie. Le politicien, 82 ans, aurait également utilisé de son influence pour tirer «Ruby la voleuse de coeurs» d’un mauvais pas. Le scandale «Rubygate» avait éclaté en 2010.

En 2013, Silvio Berlusconi avait été condamné pour incitation à la prostitution de mineure et abus de pouvoir à une peine de sept ans de prison assortie de l’inéligibilité à vie. L’ex-président du Conseil avait été blanchi en appel et en cassation, en 2015.

Des soupçons de faux témoignages ont cependant relancé la machine judiciaire. Le politicien et magnat italien est accusé cette fois de corruption de témoins. Selon le parquet, Silvio Berlusconi aurait ainsi dépensé dix millions d’euros entre 2011 et 2015, dont une majorité pour la seule Ruby. Ce troisième volet de l’affaire a conduit au procès «Ruby Ter».