GAM dévisse en Bourse après la suspension d'un de ses cadres

AWP

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Le groupe dirigé par Alexander Friedman a publié de bons résultats, mais l'annonce de la suspension du directeur des investissements a fait chuter le titre.

Le gestionnaire d'actifs GAM essuyait mardi un véritable coup de tabac à la Bourse suisse, pire encore que celui qu'il avait connu il y a tout juste deux semaines après son avertissement sur résultats, qui avait vu en une séance son action perdre plus de 15%.

Dans la foulée de résultats semestriels conformes, voire légèrement supérieurs aux nouvelles attentes, le groupe zurichois a annoncé la suspension de son directeur des investissements en charge de la stratégie «Absolute-Return-Bond» (ARBF), visé par une enquête interne.

La nominative GAM s'est effondrée de 12,6% à 10,03 francs à la clôture, après avoir chuté dans la matinée de plus de 20%, dans un indice SPI en quasiment à l'équilibre (-0,06%).

Au premier semestre, le bénéfice net selon la norme comptable IFRS a été amputé de près de deux tiers (-62%) en rythme annuel à 25,4 millions de francs. Dans son communiqué, le groupe zurichois explique cette contre-performance essentiellement par le correctif lié à la reprise de Cantab en octobre 2016, comme annoncé le 13 juillet.

Le produit d'exploitation est ressorti à 287 millions de francs, en hausse de 11%, et les charges à 195,7 millions (+7%). Le résultat opérationnel avant impôts a bondi de 21% à 91,3 millions et le bénéfice net sous-jacent de 22% à 71,7 millions.

Au 30 juin, la masse sous gestion se montait à 163,8 milliards de francs, soit 0,1% de plus qu'au 31 mars (+3% par rapport au bouclement 2017). Les afflux nets au cours des six premiers mois ont été de 9,3 milliards, 45% de mieux qu'un an plus tôt.

La copie rendue par GAM s'inscrit dans le haut des prévisions des analystes consultés par AWP pour les recettes, le bénéfice opérationnel et la masse sous gestion, alors que les afflux ont nettement dépassé les projections les plus optimistes. L'augmentation des charges est restée en deçà des expectatives.

Directeur suspendu, clients préservés

Dans un communiqué distinct, le gestionnaire d'actifs zurichois a annoncé la suspension de Tim Haywood, directeur des investissements en charge de la stratégie «Absolute-Return-Bond» (ARBF), qui fait l'objet d'une enquête interne.

Celle-ci concerne les procédures de gestion du risque ainsi que des obligations en matière de documentation, mais «ne soulève aucun doute quant à l'honnêteté» de l'intéressé. GAM assure en outre que les autorités de surveillance compétentes sont tenues au courant de l'affaire.

En conférence de presse, le directeur général de GAM, Alexander Friedman, a assuré qu'aucun dommage n'avait été constaté pour les clients et qu'aucun autre collaborateur n'était concerné par l'enquête en cours.

Après avoir mené sa propre enquête avec l'aide de conseillers externes, GAM entend désormais suivre l'affaire avec «les processus internes habituels» et prendre «toute autre mesure nécessaire, le cas échéant».

La gestion du portefeuille ARBF, dont la valeur se monte à 11,0 milliards de francs, a été confiée à deux autres responsables, Jack Flaherty et Alex McKnight, co-directeurs de la stratégie en question.

Le patron du groupe a déclaré vouloir maintenir la solidité de son équipe et entend recruter de nouveaux gestionnaires de portefeuilles pour répondre à la forte hausse de la demande de la clientèle.

Reflux de capitaux en vue

Pour la suite de l'exercice, la direction va s'efforcer de «mettre en oeuvre avec discipline» sa stratégie, visant une croissance annuelle d'au moins 10% du bénéfice par action (BPA) dilué, ainsi qu'un rendement des revenus de 35-40% sur un cycle de 5-8 ans.

Toutefois, GAM prévient qu'un ralentissement des afflux de capitaux est possible, comme conséquence d'une certaine aversion au risque de la part de la clientèle en raison de la volatilité et des incertitudes du marché, ainsi que de la suspension de M. Haywood.

Cette annonce ne fait pas partie de la catégorie «bonnes nouvelles», a estimé la Banque cantonale de Zurich (ZKB). Affecté par la perte de confiance dans la direction - déjà passablement entamée par le correctif de valeur de 60 millions de francs lié à Cantab - le titre, même s'il peut sembler bon marché à son niveau actuel, n'en a pas fini de descendre.