Danske Bank: audit anti-blanchiment élargi chez Deutsche Bank

AWP

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Fin septembre dernier, le Bafin avait pris la décision inédite de demander au cabinet KPMG d’évaluer les progrès de la principale banque allemande.

Le superviseur bancaire allemand Bafin a élargi vendredi l’audit des mesures anti-blanchiment chez Deutsche Bank sur fond d’implication de la première banque allemande dans le scandale autour de la danoise Danske Bank.

Fin septembre dernier, le Bafin avait pris la décision inédite de demander au cabinet KPMG d’évaluer les progrès de la principale banque allemande dans la lutte contre l’utilisation criminelle de fonds (blanchiment, financement du terrorisme ou du crime organisé).

Cette mission a désormais été élargie aux activités de banque correspondante, qui consiste à effectuer à l’étranger des transactions pour le compte d’autres établissements.

Le Bafin a ainsi demandé à Deutsche Bank «d’examiner sa gestion des risques dans le domaine de la banque de correspondance et de faire des ajustements si nécessaire», ce que KPMG doit surveiller.

Pendant huit ans, la banque allemande travaillait comme banque correspondante avec la banque danoise Danske Bank, plongée dans un scandale d’argent sale et s’est à ce titre déjà retrouvée dans le viseur des autorités enquêtant sur cette affaire.

L’établissement danois est sous le coup de plusieurs enquêtes judiciaires et a fait l’objet d’une inculpation préliminaire par le parquet financier de Copenhague fin novembre.

Il lui est reproché d’avoir utilisé sa petite filiale estonienne pour faire transiter, de 2007 à 2015, quelque 200 milliards d’euros via les comptes de quelque 15.000 clients ne résidant pas en Estonie.

Si la décision du Bafin est liée à l’implication de Deutsche Bank dans le scandale Danske, l’élargissement de l’audit de KPMG vise principalement à évaluer les processus mis en place par la banque pour maitriser dans le futur les risques de cette activité de correspondance, a expliqué une porte-parole du superviseur allemand à l’AFP.

«Nous pensons que l’élargissement du mandat de l’auditeur est sensé», a écrit Deutsche Bank dans un communiqué, rappelant qu’il «n’y a pas d’indice de mauvaise conduite de notre part».

En novembre déjà, la banque avait minimisé son rôle dans l’affaire Danske, affirmant ne pouvoir mener que des «contrôles limités» sur les transactions effectuées pour le compte d’autres banques car «nous n’avons pas accès à la base des clients».

Toutefois, des contrôles existent et, «quand vous craignez que quelque chose n’aille pas, vous devez remplir un +rapport de suspicion+, c’est ce qu’on a fait», avait expliqué Sylvie Mathérat, membre du directoire de Deutsche Bank, notamment en matière de blanchiment.

Les relations de banque de correspondance entre Deutsche Bank et Danske Bank ont été rompues en 2015 suite à la découverte d’activités litigieuses par l’établissement danois.

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